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23 House of the Dragon

La série House of the Dragon consolera-t-elle les fans de Game of Thrones de la fin de leur show fétiche ?

Série

Trois ans après la fin de la série culte Game of Thrones, le préquel House of the Dragon, diffusé sur OCS depuis le 22 août, nous plonge presque 200 ans avant les aventures du Trône de fer. La série, centrée sur le clan Targaryen, propose des histoires de famille sanglantes et des apparitions de dragons spectaculaires. Mais cela suffira-il à combler les fans de la saga épique d’HBO ?

Bande-annonce de la série House of the Dragon.

Même les fans les plus aguerris de Game of Thrones (2011-2019) en conviendront. Les derniers épisodes de la saga d’HBO étaient profondément décevants, loin des débuts épiques et passionnants de la série. Avec la diffusion du premier épisode (sur dix au total) du préquel du Trône de fer ce 22 août sur OCS, House of the Dragontous les espoirs étaient donc permis. Et si, trois ans après la fin des aventures de GOT, la chaîne HBO arriverait, avec ce show co-imaginé par l'auteur des romans lui-même, George R.R. Martin, à nous clouer une nouvelle fois à nos canapés ? 

 

Après le visionnage de ce premier épisode d'House of the Dragon, rien n’est moins sûr. Dans ce préquel adapté de l'œuvre Feu et Sang de R.R Martin, qui se déroule presque 200 ans avant les aventures du Trône de fer, nous sommes plongés dans un huis clos sombre à l’atmosphère médiévale familière. On y suit les drames et les déchirements meurtrissant la famille Targaryen, qui domine le Royaume des Sept Couronnes et dont les membres sont connus pour leurs cheveux argentés et leurs dragons majestueux (les vraies stars de la série).

Bande-annonce de la série House of the Dragon.

On découvre le roi Viserys, un homme peu respecté qui règne sur Westeros et doit nommer un héritier. Sa seule descendance directe est sa fille, Rhaenyra, une princesse en quête d’émancipation. Mais un autre prétendant au trône s’immisce : le frère du roi, le prince Daemon Targaryen, un terrifiant et ambitieux guerrier. Si Game of Thrones dépeignait les intrigues de plusieurs familles, House of the Dragon se consacre donc qu’à une seule d'entre elles, la maison Targaryen. Mais cela ne suffit pas à clarifier les enjeux de la série. On peine en effet à comprendre tous les éléments narratifs du show, et ce, dès le premier épisode. 

 

Certes, tous les ingrédients (des combats, du sang, des drames familiaux, un peu de sexe et beaucoup de violence) sont réunis pour assouvir les pulsions des fans de la saga culte d'heroic fantasy. Et on salue les visuels spectaculaires - chaque épisode aurait coûté 20 millions de dollars selon Variety - et la place donnée aux femmes, au cœur de ce premier épisode, notamment dans une terrible scène d’accouchement. Mais la lenteur de l’action et le casting en demi-teinte (dont surnage l’acteur britannique Matt Smith) nous font rapidement soupirer d'ennui. Il manque cruellement à ces premières scènes de la flamboyance, de l'émotion et un souffle de renouveau. Reste à savoir si, dans les épisodes suivants, ces histoires de trahisons, de jalousies et de soif de pouvoir se pareront de la profondeur suffisante pour se hisser à la hauteur de la monumentale Game of Thrones. Car on ne peut imaginer un show à la gloire des fabuleux animaux mystiques que sont les dragons sans que ses créateurs et ses protagonistes aient le feu sacré.

 

House of the Dragon (2022) de George R.R. Martin et Ryan J. Condal, diffusé en France sur OCS.