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Qui est Margaret Qualley, star de la poignante série Netflix "Maid" et égérie Chanel ?

Série

Margaret Qualley n’est pas que la fille d’Andie MacDowell. Époustouflante de justesse dans Maid sur Netflix, elle incarne une touchante mère courage célibataire qui se bat au jour le jour pour une vie meilleure. Portrait d’une future grande qui a déjà séduit Quentin Tarantino, Spike Jonze et la maison Chanel.

Margaret Qualley photographiée par Inez & Vinoodh lors du défilé Chanel automne-hiver 2021-2022

Les publicités filmées pour les parfums montrent souvent une jolie fille qui court dans les champs ou s’allonge dans le lit satiné d’un hôtel de luxe, attendant un homme mystérieux. Si la beauté des images subjugue, on apprécie aussi quand les réalisateurs sortent de cette zone de confort pour innover. C’était le cas de Spike Jonze qui imaginait en 2016 une vidéo anticonformiste pour l'essence Kenzo World. Une jeune femme en robe vert émeraude enchaînait en solo des pas de danse saccadés, entrant dans une sorte de transe exaltante, loin de la muse évaporée. Entre chorégraphie tribale, breakdance et ballet, cette prestation magnétique ne laissa alors personne indifférent. Il faut dire que la ballerine effrénée au regard bleu perçant a de qui tirer. Margaret Qualley, 26 ans, est la fille de l'actrice américaine Andie MacDowell et de Paul Qualley, mannequin et musicien. Fière de son patrimoine, l'artiste n’a eu de cesse, durant sa jeune carrière, de faire honneur à son illustre pedigree.

 

Adolescente, elle se fait déjà remarquer par sa stupéfiante beauté (quelque part entre Jennifer Connelly et Isabelle Adjani) lors d'une apparition tournoyante au Bal des débutantes, à Paris. Pratiquant la danse dans des compagnies américaines réputées, elle possède une grâce, une prestance et une souplesse qui lui permettent de se mouvoir dans l’espace en électrisant toute sorte d’assemblée. Celle qui a étudié la comédie à Londres avant un détour par une université new-yorkaise sera finalement rattrapée par ses gènes. D’abord mannequin, comme son père, défilant pour la Fashion Week dès l’âge de 16 ans, c'est finalement le chemin maternel qu'elle suivra. Et pour ne pas qu’on la suspecte de n’être là que parce qu’elle est "la fille de", Margaret Qualley vit toute seule alors qu'elle n'est pas encore majeure et choisit avec soin tous ses projets. On la voit dans le film indépendant Palo Alto (2014) de Gia Coppola avec James Franco, dans la série métaphysique de HBO The Leftovers (2014–2017), dans la comédie d’action piquante The Nice Guys aux côtés de Ryan Gosling ou encore dans Seberg (2019) avec Kristen Stewart. De la religieuse à l’héroïne de manga en passant par la survivante d’un monde apocalyptique, l’actrice s’avère toujours juste, dégageant une aura à la fois forte et fragile qui prend souvent aux tripes.

Mais c’est surtout le rôle de Pussycat qu’elle interprète dans le Once Upon a Time… in Hollywood (2019) de Quentin Tarantino qui va aimanter tous les regards. Aux côtés de Leonardo DiCaprio, Brad Pitt et Margot Robbie, l’actrice débutante joue une hippie sexy et dangereuse en top en crochet et micro short qui appartient à la secte de Charles Manson. Dans la vraie vie, Margaret Qualley semble posséder une part de cette folie et un tempérament aussi indépendant que farouche et déterminé. Après avoir fréquenté l'acteur et humoriste américain Pete Davidson, elle est sortie avec l’acteur Shia LaBeouf. Mais en apprenant que FKA Twigs, son ancienne petite amie, avait déposé plainte contre lui en décembre 2020 pour des agressions sexuelles, elle met fin à leur relation. L'ambassadrice et égérie Chanel en couple avec le musicien Jack Antonoff a également choisi de faire passer des messages sur les comportements déplacés envers les femmes à l’écran.

 

Dans Maid, série produite par Margot Robbie et diffusée en ce moment sur Netflix, elle est Alex, une jeune femme maltraitée par le père de sa fille. Ce bourreau semble pourtant, au départ, bien sous tous rapports, ce qui montre à quel point on ne doit pas se fier aux apparences en matière de violences. Alex devient femme de ménage dans des maisons cossues pour subvenir aux besoins de son enfant tout en rêvant de la vie des propriétaires des lieux ou de celle d’une auteure à succès. Face aux désillusions de l'American Dream, elle ne se laisse jamais abattre, trouvant de la poésie dans l'observation des jouets pop et kitsch de sa fille ou dans un rendez-vous Tinder basé sur des mensonges. Plein d’humanité, ce mélo d'auteur met en lumière son regard intense, qui en un seul plan, le tout premier de l’épisode d’ouverture, a dû donner des idées à bien des réalisateurs du petit et du grand écran. Et pas seulement dans son pays d’origine puisqu’on verra bientôt l'actrice dans le prochain Claire Denis, Des Étoiles à midi. Une histoire passionnelle entre un homme d'affaires britannique et une journaliste américaine qui prend place pendant la révolution nicaraguayenne des années 80. Passion et révolution... deux mots qui vont comme un gant à l'étoile montante.

 

Maid (2021) de Molly Smith Metzer, disponible sur Netflix.