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01 Nabilla : interview sans filtre avec la star de la télé-réalité

Nabilla : interview sans filtre avec la star de la télé-réalité

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À 29 ans, la Kim Kardashian française, star de la télé-réalité, a bâti un empire. Elle compte près de sept millions d'abonnés sur Instagram, où elle fait fructifier un business florissant d'influence, et a fondé sa marque de cosmétiques dont les produits sont distribués partout à travers le monde. Une success story sur laquelle personne n'aurait parié à ses débuts… Alors qu'elle était la risée de tous les plateaux télé au début des années 2010, Nabilla Vergara est désormais adulée. C'est ce qu'elle était bien décidée à montrer dans Nabilla sans filtre, une nouvelle série diffusée sur Amazon Prime.

Nabilla : interview sans filtre avec la star de la télé-réalité Nabilla : interview sans filtre avec la star de la télé-réalité

Numéro : Dans votre nouvelle série, votre mari Thomas Vergara explique qu’il se met toujours en retrait pour vous laisser briller. Ça met un bon coup de pied dans ce terreau du patriarcat qu’est la télévision. Nabilla est-elle féministe ?

 

Nabilla : À mes débuts, quand les mecs me parlaient sur les plateaux télé, c’était hyper violent. Ils me jugeaient sur mon décolleté, mes ongles longs, mes cheveux… Mais c’est pas pour ça qu’on est forcément une salope ou une bimbo. Je me suis toujours battue pour être respectée en tant que femme et je suis contente qu’aujourd’hui, si des mecs faisaient ça, ils seraient cuits.

 

Vous élevez un petit garçon, Milann. Ce sont des valeurs que vous lui inculquez ?

 

Mon fils, je veux en faire un gentleman ! Il est tout petit mais j’essaie déjà de lui faire comprendre ce qu’est une femme et qu’il faut être délicat. Quand je suis dans la salle de bain, je lui dis ‘Maman, là, elle met sa crème’. Pareil quand il a fêté Halloween à la crèche, il y avait une petite fille de deux ans et je lui ai dit en anglais – parce qu’il parle plus anglais : ‘C’est la fille qui entre d’abord, toi après’ !

 

Vous avez sûrement été choquée lorsque Maeva Ghennam [star de télé-réalité et influenceuse] a déclaré sur les réseaux sociaux se faire “rajeunir le vagin comme une fille de douze ans” ? 

 

Je lui ai tout de suite demandé pourquoi elle avait dit ça et on a eu une longue discussion. Elle m’a dit qu’elle ne savait pas, qu’elle ne voulait pas dire ça et qu’elle n’avait pas réfléchi… Mais elle a compris que c’était honteux.

 

Vous comprenez que ça ait pu choquer et qu’elle ait été accusée de créer des complexes ?

 

C’est ce que je lui ai dit, que c’était hyper grave et que ça pouvait mettre des femmes mal à l’aise. Surtout au niveau de l’âge qu’elle cite, ce n’est pas bon… Mais je connais le personnage, cette fille a un cœur énorme. Elle est jeune et ne se rend pas bien compte de ce qu’elle dit.

 

 

“Si je le souhaitais, je pourrais être à la retraite sur plusieurs générations. Mais ce que je fais, je ne le fais pas pour gagner encore plus d’argent… parce qu’au final qu’est ce qu’on va en faire, de tout cet argent ?”

 

 

Nabilla : interview sans filtre avec la star de la télé-réalité Nabilla : interview sans filtre avec la star de la télé-réalité

Vous n’aviez même pas vingt ans lorsque vous avez commencé à faire de la télé. Le regard des gens a-t-il changé depuis ?

 

Je me rappelle qu'à l'époque, même un contrôleur de la SNCF avait été agressif avec moi. Il cherchait le conflit à tout prix. Je pense que je dérangeais beaucoup. Aujourd’hui, quand je me promène, les gens sont gentils, ils m’adressent des mots doux, des sourires… C’est une fierté.

 

Vous aussi avez changé. Vous apparaissez d’ailleurs dans la série comme une businesswoman droguée au travail voire parfois une control freak

 

Un peu des deux ! [Rires.] Je contrôle tout dans mon entreprise. Elle porte mon nom, enfin mon prénom… Je dis mon nom mais en fait on ne m’appelle jamais par mon nom de famille ! 

 

[Elle s’adresse à son équipe.] Pourquoi tout le monde a un nom de famille et pas moi ?

 

[Rires.]

 

[Elle reprend.] Oui, on peut dire je suis une acharnée de travail. Il faut que tout soit comme je veux dans mon entreprise parce que je suis la seule à savoir ce que veut ma communauté.

 

La panne Instagram a-t-elle impacté votre business ?

 

On a perdu quelques contrats avec des marques. Ce n’est pas non plus terrible… Moi j’étais trop mal ! Je me disais ‘En fait, je ne suis plus rien, c’est horrible’. Vous par exemple, vous pouviez encore faire votre boulot. Moi, là, pendant douze heures, c’était le vide.

 

Que se passera-t-il si cela devient récurrent ?

 

On va mettre la clé sous la porte ! Puis on va essayer de se reconvertir en je ne sais quoi, étant donné qu’on ne sait rien faire d’autre ! [Rires.]

 

Vous envisagez sérieusement de pouvoir vivre un jour sans ce système de validation que représentent les réseaux sociaux ?

 

Entre nous, aujourd’hui, si je le souhaitais, je pourrais être à la retraite sur plusieurs générations. Mais ce que je fais, je ne le fais pas pour gagner encore plus d’argent… parce qu’au final qu’est ce qu’on va en faire, de tout cet argent ? À côté, je travaille avec des associations, je fais des donations anonymes à plein d’organismes, je travaille avec l’ONU – où mon père bosse…

 

 

“Dans son livre, Emily Ratajkowski parle aussi de cette histoire d’agression sexuelle avec Robin Thicke. Moi j’en étais sûre ! Quand je voyais le clip, je me disais qu'il avait dû faire des choses bizarres…”

 

Vous avez aussi écrit plusieurs livres. À votre avis, pourquoi beaucoup d’influenceurs s'improvisent-ils écrivains ?

 

C’est très bizarre ! [Rires.]

 

On peut citer Léna Situations, Emily Ratajkowski, qui a carrément publié un essai…

 

Leurs livres sont vachement intéressants ! Certains, sans vouloir citer de noms, font un livre pour faire un livre. Il n’y a rien à apprendre. 

 

Vous les lisez tous ?

 

J’ai lu celui de Léna parce que c’est une bonne amie. Son livre s’adresse aux jeunes mais on apprend beaucoup, notamment quand elle parle de la hiérarchie dans les cours d’école qu’on retrouve aussi à l’âge adulte. Je n’ai pas lu celui d’Emily Ratajkowski mais j’aimerais beaucoup.

 

Pourquoi ? 

 

C’est une femme injustement dénigrée… Elle parle aussi de cette histoire d’agression sexuelle avec Robin Thicke. Moi j’en étais sûre ! Quand je voyais le clip, je me disais qu'il avait dû faire des choses bizarres… Elle n’aurait sans doute jamais révélé cette affaire en interview, il fallait que ce soit posé sur du papier. Donc c’est intéressant pour certaines et ça ne sert à rien pour d’autres.

 

Elle se bat aussi pour le droit à l’image… Vous vous êtes questionnés, avec votre mari, sur le fait de filmer et de diffuser des images de votre fils ?

 

Au début, on ne voulait pas. Puis on l’a regardé et on s’est dit qu’il était quand même très beau, que ce serait dommage de le cacher ! [Rires.] On ne voulait surtout pas que quelqu’un poste une photo de lui avant nous. Puis il n’habite pas en France, il est à l'école avec des étrangers, personne ne le connaît…

 

 

“Je préfère la France à Dubaï. C’est plus beau, on mange mieux, l’air est plus pur… Mais je dois protéger mon fils, je ne le vois pas du tout aller à l’école ici. Peut être que dans dix ans, je reviendrai ici.”

 

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À ce propos, la série est beaucoup tournée à Paris alors que vous vivez à Dubaï. Pourquoi ?

 

Je suis très attachée à cette ville : c’est là que j’ai été connue, que j’ai fait tous mes premiers plateaux télé…

 

Qu’avez-vous à répondre aux gens qui critiquent les influenceurs installés à Dubaï ?

 

Je peux les comprendre. Mais à Dubaï, personne ne vole une orange, il n’y a pas de criminels, on dort la porte ouverte, le sac ouvert, c’est la ville la plus filmée au monde après Londres… En France, on s’est fait cambrioler pendant notre mariage.

 

Donc vous vous y sentez bien ?

 

[Elle hésite.] À choisir, je préfère la France. C’est plus beau, on mange mieux, l’air est plus pur… Mais je dois protéger mon fils, je ne le vois pas du tout aller à l’école ici. Peut être que, dans dix ans, je reviendrai ici.

 

Nabilla sans filtre (2021), sept épisodes disponibles sur Amazon Prime.