Pour le nouvel épisode de son projet Unfiltered, le réalisateur Jérôme Spleen réunit deux femmes qui “imposent leur singularité pour créer leur propre liberté”. La première n’est autre que Camélia Jordana, César du meilleur espoir féminin pour Le Brio (2018). Avec son récent album, Lost, elle s’est positionnée comme une artiste résolument engagée. La seconde est une mannequin française qui défile notamment pour Balmain ou Jean Paul Gaultier et demeure la première femme de couleur a obtenir l’exclusivité de la maison Calvin Klein : Cindy Bruna. “Ces deux femmes ont quasiment le même âge, leur collaboration semble inattendue tant leur parcours est différent et, pourtant, elles sont l’incarnation du self-belief”, confie Jérôme Spleen.

 

Deuxième court-métrage d’une série (chaque film réunira un nouveau duo d’artistes), Unfiltered est imaginé dès l'origine comme un manifeste générationnel. Il y a presque dix ans, Jérôme Spleen entrait dans l’école d’acteurs d’Ivana Chubbuck, coach de Brad Pitt et de Charlize Theron, et auteur du livre The Power of The Actor. C’est elle qui lui transmet l’envie de défendre les artistes.

 

 

 “Les références d’Unfiltered sont de plus en plus dark et engagées.”

 

 

C’est la première fois que Camélia Jordana et Cindy Bruna se rencontrent : Dans ce nouvel acte, la vérité se traduit par le regard, explique le réalisateur, c’est aussi pour cela que j’ai délibérément filmé le set photo avec l’équipe [plus d’une trentaine de personne], un moment capturé, telle une métaphore de la construction de soi. Si la première vidéo mettait en lumière l’actrice Adèle Exarchopoulos aux côtés du mannequin et influenceur Luka Sabbat, ce nouvel épisode quitte l’American Dream new-yorkais pour les lueurs de Londres. Côté stylisme, c’est le Parisien Hugo Toucas qui prend les rênes : “Aujourd’hui, les maisons de mode s’arrachent Camélia Jordana. Hugo est venu la voir et lui a dit : ‘On va tout changer’. Le styliste et le cinéaste ont donc choisi des maisons en adéquation avec l’identité de Camélia Jordana – en Gucci –, et de Cindy Bruna, en Giambattista Valli.

 

Jérôme Spleen a de nouveau confié la bande originale à Thomas Roussell (Prequell) dont les compositions prennent, cette fois, des airs plus métalliques: “Avec Thomas nous travaillons essentiellement autour de sensations. Les références d’Unfiltered sont de plus en plus dark et engagées. Je lui indique dans quelle atmosphère nous souhaitons tourner, quelle ville  nous souhaitons célébrer et lui se charge de les mettre en musique.” Certes le format est court, pourtant, Jérôme Spleen s’est entouré d’une équipe habituée des longs-métrages. Un projet totalement indépendant dont la référence principale est la suivante : les campagnes Calvin Klein des années 90 qui présentaient des bandes de jeunes, tout de denim vêtus. Chacun aurait souhaité en faire partie.