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L’or selon Yves Saint Laurent à travers 5 créations iconiques
Connu pour ses fêtes et son incomparable sens du glamour, Yves Saint Laurent a marqué durablement la mode de son regard d’esthète. Et parmi ses couleurs fétiches, le doré occupait une place toute particulière. Tandis qu’Hailey Bieber a été aperçue rayonnante, vêtue d’un plastron tout en or, lors de la montée des marches du Met Gala 2026, Numéro revient sur l’attrait du couturier français pour ce précieux métal.
Loulou de la Falaise, habillée d’un ensemble de soir issu de la collection haute couture automne-hiver 1988-1989. © Arthur Elgort.
par Erwann Chevalier.
Publié le 20 octobre 2022. Modifié le 5 mai 2026.

L’or, teinte lumineuse chère à Yves Saint Laurent
Véritable obsession du couturier Yves Saint Laurent, l’or illuminait chacune de ses collections. Réminiscence de son enfance en Algérie et de l’éclat du soleil qui réchauffait les paysages, cette teinte incandescente se décline chez lui en touches délicates sur des matières précieuses comme des brocarts ou des cuirs ainsi que sur divers ornements, à l’instar de broderies et de boutons.
L’or rehausse également des silhouettes entières, à travers des créations en sequins ou en lamé, encore sublimées de bijoux fantaisie dorés. Un héritage chromatique passionant – déjà exploré par le musée Yves Saint Laurent à Paris dans une exposition chronologique intitulée “GOLD, les ors d’Yves Saint Laurent”, déployée en 2022 – qui continue de briller…
Sur le tapis rouge du Met Gala 2026, Hailey Bieber rend elle aussi un bel hommage aux ors de Monsieur Saint Laurent. Parée d’une vallière et d’une jupe en chiffon de soie, elle arbore un corsage sculpté en or qui rappelle sans nul doute la robe-sculpture conçue par Yves Saint Laurent en collaboration avec l’artiste Claude Lalanne pour sa collection automne-hiver 1969-1970. Un écho contemporain qui confirme la persistance de cet imaginaire. Retour sur cinq pièces à jamais inscrites dans l’histoire.

1. Les bijoux de Claude Lalanne
Yves Saint Laurent admirait profondément le travail de Claude Lalanne. “Ce qui me touche en elle, c’est d’avoir su réunir dans la même exigence l’artisanat et la poésie. Ses belles mains de sculpteur semblent écarter les brumes du mystère pour atteindre les rivages de l’art”, déclarait-il à la presse à propos de la sculptrice. Lorsque le couturier invite l’artiste à collaborer à sa collection automne-hiver 1969-1970, elle fascine déjà le Tout-Paris avec ses sculptures surréalistes et oniriques, et leur dialogue aboutira à un rapprochement inédit entre art et mode.
À cette occasion, Claude Lalanne conçoit des parures de doigts précieuces, décorées de fleurs et de feuillagess délicats, ainsi que des pièces particulièrement étonnantes et spectaculaires : des moulages du ventre et de la poitrine de la mannequin Veruschka, appliquées sur des robes en mousseline vaporeuses. Des pièces inspirées des costumes de scène du ballet Lamentation, imaginé par la chorégraphe Martha Graham en 1930.

2. La robe du soir “Time to Shine”
“Le soir doit briller, sans cela il serait un peu ridicule…”, déclarait Yves Saint Laurent. Accompagné de sa cour composée de muses et d’artistes parmi les plus en vogue de l’époque, le couturier faisait de la nuit un refuge sauvage où les excès étaient légion – également entrainé par la floraison, à la fin des années 1960, de lieux emblématiques où le microcosme de la mode aimait se réunir. Au cœur de ces nouveaux temples de la jouissance, comme Chez Régine ou encore au Privilège, qui bouillonnaient d’une joyeuse effervescence, chacun pouvait exprimer librement sa personnalité et son style.
Puis à la fin des années 1970, toute la faune parisienne se presse au Palace, où défilent des silhouettes aux couleurs éclatantes, constellées de strass et de paillettes. Une vie nocturne au sein de laquelle une robe signée Yves Saint Laurent haute couture a tout naturellement trouvé sa place. Portée par l’actrice Violeta Sanchez lors du défilé printemps-été 1981, cette création aux manches chauve-souris et aux épaules dénudées capte le regard, jouant avec des reflets or et carmin que révèle un lamé précieux.

3. La robe-bijou
Issue de la collection haute couture automne-hiver 1966-1967, la robe-bijou, évoque les costumes de l’actrice Elizabeth Taylor, dans le film Cléopâtre, réalisé par Joseph L. Mankiewicz en 1963. Intégralement ornée de sequins, cette création possède également un plastron et une ceinture de pierreries rouge rubis, vert émeraude et bleu saphir, venant accentuer un peu plus sa magnificence.
Capturée pour le magazine Vogue Paris par le célèbre David Bailey en décembre 1966, elle se fait œuvre d’art. Et ce n’est pas tout, car derrière ce cliché iconique, se cache une savoureuse anecdote : c’est lors de ce shooting qu’Yves Saint Laurent rencontre pour la première fois l’actrice française Catherine Deneuve (qui deviendra l’une de se plus grandes muses), alors que celle-ci était en couple avec le photographe et réalisateur britannique.

4.La coiffe tressée
“Du noir moderne. Je l’allume toujours avec de l’or en boutons, en ceinture, en chaîne”… et pourquoi pas, également avec des coiffes majestueuses ? En clôture de son défilé haute couture automne-hiver 1966-1967, Yves Saint Laurent pare l’une de ses mannequins d’une longue tresse ornée de chaînes dorées, de passementerie et de perles nacrées.
Portée avec une robe de mariée en brocart et galons brodés, cette pièce pour le moins fascinante évoque des cheveux blondis par le soleil brûlant, doux souvenir de la jeunesse du couturier au cœur de sa ville natale Oran. Rappelant aussi la chevelure de la Vénus de Botticelli ou celle des figures du Titien, Yves Saint Laurent invoque un imaginaire nourri par la littérature et les arts.

5.Les bijoux “épi de blé” de Loulou de La Falaise
“Les accessoires, c’est l’autre manière de s’habiller Saint Laurent”, déclarait Loulou de La Falaise, célèbre mannequin franco-britannique et muse légendaire du couturier qui deviendra sa créatrice de bijoux de 1972 à 2002. Et pour cause, Yves Saint Laurent ne dessinait jamais de vêtements sans leur associer bijoux et breloques. Entourée d’artisans de talent tels que l’orfèvre Robert Goossens ou le parurier Roger Scemama, Loulou de La Falaise conçoit alors des bijoux fantaisie qui ponctuent habilement les silhouettes du couturier de touches dorées.
Amatrice de vintage et d’inspirations antiques et orientales, elle compose des collections en rupture totale avec la haute joaillerie de la place Vendôme. En témoignent ces broches en forme d’épis de blé dorés, symbole de réussite et de prospérité cher au couturier. Il était en effet courant d’en trouver dans chacune des pièces de son atelier, tels des gri-gris et petits talismans protecteurs.