23 Février

Hommage à Judy Blame, immense créateur du Londres post-punk

 

Légende et figure iconique du Londres post-punk des années 80, Judy Blame incarnait l’extravagance britannique avec générosité et sincérité. 

Par Babeth Djian, Photos Jean-Baptiste Mondino

Créateur de bijoux et d’accessoires, styliste phare des magazines i-D et The Face dans les années 80 et 90, consultant auprès de nombreux créateurs, directeur artistique dans l’industrie musicale, Judy Blame, créateur atypique, a toujours su combiner l’irrévérence et l’humilité. C’est ce supplément d’âme qui lui a permis de collaborer, à travers les générations, avec les plus grands créateurs britanniques, de John Galliano et Gareth Pugh. Ou encore, avec la mythique Rei Kawakubo, fondatrice et directrice créative de Comme des Garçons.

 

 

“Il avait cette attitude noble, royale, très anglaise, et une façon très transgressive de traduire ce chic avec des matières et des objets de récupération.” Jean-Baptiste Mondino

 

 

Uniques et merveilleux, ses bijoux fabriqués à partir de matériaux pauvres et récupérés traduisaient une vision subversive de l’élégance. Comme l’explique le célèbre photographe Jean-Baptiste Mondino, ami de Judy Blame, “il fabriquait des accessoires nobles avec des objets courants. Il était un vrai artiste qui mêlait la mode et sa vision politique du monde. Il avait cette attitude noble, royale, très anglaise, et une façon très transgressive de traduire ce chic avec des matières et des objets de récupération. Il était l’élégance, la drôlerie, la gentillesse même, et il n’a jamais vendu son âme. Il suivait son propre instinct, sa propre voie, sans se préoccuper du business. J’ai collaboré avec lui sur un clip de Neneh Cherry. Judy est arrivé avec des sacs poubelles qu’il a découpés dans mon salon pour en faire des robes. Cette extravagance et cette simplicité, c’était lui.”

Portrait par Jean-Baptiste Mondino.

S’il incarnait l’excentricité anglaise, Judy n’a en effet jamais cultivé des manières de diva. A ceux qui le qualifiaient de mythe ou de légende vivante, il aimait fréquemment à répondre :  “Je dis toujours que je suis une leg-end [le bout d’une jambe].”

 

Récemment célébré par une exposition rétrospective au ICA de Londres, Judy Blame travaillait également à un livre. Espérons que cet ouvrage voie le jour, désormais à titre posthume, pour célébrer comme il se doit ce créateur qui su a traverser les mouvements et les modes sans jamais perdre son cap. Plus qu’un symbole d’une époque, notre cher Judy incarnait un esprit rebelle et doux, une créativité hors norme et la joie de rester fidèle à ses proches, à son style, et à ses convictions personnelles.

 

 

 

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