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Numéro
30 Starck, Prouvé, Szekely, Babled, Aequo, PAD Paris, design

Starck, Prouvé, Szekely : les incontournables du PAD 2023

Design

Foire incontournable d'art et de design, le PAD revient à Paris pour sa 25e édition. Cette année, 70 exposants se sont donnés rendez-vous sous le chapiteau érigé au jardin des Tuileries, dont une quinzaine de jeunes galeries créées ces dernières années, offrant l'occasion de découvrir des pièces iconiques du design d'hier et de demain. Focus sur huit créations à ne pas manquer.

  • Valériane Lazard pour Aequō, “Ajanta Daybed” (2022).

    Valériane Lazard pour Aequō, “Ajanta Daybed” (2022). Valériane Lazard pour Aequō, “Ajanta Daybed” (2022).
  • Valériane Lazard pour Aequō, “Ajanta Daybed” (2022).

    Valériane Lazard pour Aequō, “Ajanta Daybed” (2022). Valériane Lazard pour Aequō, “Ajanta Daybed” (2022).

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1.  Entre paille de riz et temple boudhiste, le divan de Valériane Lazard pour Aequo

 

 

Lorsque Tarini Jindal Handa ouvre en 2022 sa galerie Aequō à Bombay, son ambition est claire : mettre en avant les richesses de son pays, l'Inde, en invitant des créateurs du monde entier à réaliser des projets mobilisant les artisans, savoir-faire et matériaux locaux. Un projet qu’elle concrétise rapidement avec une poignée de designers dont la jeune Parisienne Valériane Lazard, qui réalisait il y a quelques mois un fauteuil et un divan avec la galerie. Pour imaginer leur structure incurvée et épurée en teck sombre, l’architecte d’intérieur s’est inspirée de dessins de monuments boudhistes archaïques piochés dans un livre de 1880, The Cave Temples of India. Le matelas ficelé en paille reprend quant à lui une technique traditionnelle d’emballage dite “mooda”, utilisée en Asie notamment pour transporter le riz, et donne  au divan un aspect rustique que complète l’ajout de cordes le long de la structure. Présenté au PAD Paris sur le stand d’Aequō, le lit Ajanta a remporté hier soir le prix du Design Contemporain.

 

Stand de Aequō, 23.

  • Martin Szekely, “West Coast Table” (2008).

    Martin Szekely, “West Coast Table” (2008). Martin Szekely, “West Coast Table” (2008).
  • Martin Szekely, “West Coast Table” (2008).

    Martin Szekely, “West Coast Table” (2008). Martin Szekely, “West Coast Table” (2008).
  • Martin Szekely, ‘N.P.B. Table” (2007).

    Martin Szekely, ‘N.P.B. Table” (2007). Martin Szekely, ‘N.P.B. Table” (2007).
  • Martin Szekely, “Pair of Heroic Shelves 270” (2009).

    Martin Szekely, “Pair of Heroic Shelves 270” (2009). Martin Szekely, “Pair of Heroic Shelves 270” (2009).
  • Martin Szekely, “Pair of Heroic Shelves 270” (2009).

    Martin Szekely, “Pair of Heroic Shelves 270” (2009). Martin Szekely, “Pair of Heroic Shelves 270” (2009).
  • Martin Szekely, “Pair of Heroic Shelves 270” (2009).

    Martin Szekely, “Pair of Heroic Shelves 270” (2009). Martin Szekely, “Pair of Heroic Shelves 270” (2009).

© Carpenters Workshop Gallery.

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2. Les trésors de Martin Szekely possédés par Karl Lagerfeld

 

Fin 2021, la maison Sotheby’s France vendait aux enchères la collection privée de Karl Lagerfeld, deux ans après la disparition du créateur de mode allemand. Parmi les quelque 1200 lots mis en vente figuraient de nombreuses pièces signées Martin Szekely, designer de renom qu’affectionnait particulièrement le célèbre directeur artistique de Chanel. La Carpenters Workshop Gallery, qui en a acquis certaines à cette occasion exceptionnelle, présente justement au PAD deux tables (l'une rectangulaire, l'autre ronde) ainsi que deux étagères identiques du designer français, datées de la fin des années 2000 et restaurées. Des meubles en aluminium clair et lisse à la structure infiniment travaillée dont Martin Szekely laisse apparaître un intérieur précieux, constitué de verre ou nid d’abeilles.

 

Stand de la Carpenters Workshop Gallery, 53.

  • Philippe Starck et Baccarat, lampadaire “Marie Coquine” composé du lustre Zénith en cristal (2011).

    Philippe Starck et Baccarat, lampadaire “Marie Coquine” composé du lustre Zénith en cristal (2011). Philippe Starck et Baccarat, lampadaire “Marie Coquine” composé du lustre Zénith en cristal (2011).
  • Philippe Starck et Baccarat, lampadaire “Marie Coquine” composé du lustre Zénith en cristal (2011).

    Philippe Starck et Baccarat, lampadaire “Marie Coquine” composé du lustre Zénith en cristal (2011). Philippe Starck et Baccarat, lampadaire “Marie Coquine” composé du lustre Zénith en cristal (2011).

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3. La lampe pleine d’humour inspirée par Mary Poppins de Philippe Starck

 

Dès leur entrée dans le chapiteau érigé aux Tuileries, une étonnante structure interpelle les visiteurs du PAD. Sur le stand de la galerie Jousse Entreprise, un grand trépied en métal monté sur roulettes maintient à son extrémité un lustre en cristal dont l’abat-jour n’est autre… qu’un parapluie blanc. À l’autre bout de la perche, un sac de boxe en cuir marron pend lui aussi pour faire balancier. Si cette pièce imposante signée du célèbre Philippe Starck n’est pas la plus connue du designer français, difficile de ne pas y déceler l’humour qui a fait sa notoriété. Cet objet original tire son origine d'une demande que lui avait adressée la maison de cristal Baccarat en 2011, de réinterpréter l’un de ses emblématiques lustres en cristal – le Zénith. Inspiré par le personnage de Mary Poppins, connue pour faire jaillir la magie à l’aide de son parapluie, Starck a associé ce récit fantastique à l'idée d’un studio de photographie, incarné par le trépied. Manière subtile et décalée de représenter les miroirs aux alouettes…

 

Stand de la galerie Jousse Entreprise, 02.

  • Emmanuel Babled, “Osmosi’’, banc (2023). Marbre de Carrare, verre soufflé de Murano. H. 35 x 170 x 35 cm

    Emmanuel Babled, “Osmosi’’, banc (2023). Marbre de Carrare, verre soufflé de Murano. H. 35 x 170 x 35 cm Emmanuel Babled, “Osmosi’’, banc (2023). Marbre de Carrare, verre soufflé de Murano. H. 35 x 170 x 35 cm
  • Emmanuel Babled, “Osmosi’’, banc (2023). Marbre de Carrare, verre soufflé de Murano. H. 35 x 170 x 35 cm

    Emmanuel Babled, “Osmosi’’, banc (2023). Marbre de Carrare, verre soufflé de Murano. H. 35 x 170 x 35 cm Emmanuel Babled, “Osmosi’’, banc (2023). Marbre de Carrare, verre soufflé de Murano. H. 35 x 170 x 35 cm
  • Emmanuel Babled, “Osmosi’’, banc (2023). Marbre de Carrare, verre soufflé de Murano. H. 35 x 170 x 35 cm

    Emmanuel Babled, “Osmosi’’, banc (2023). Marbre de Carrare, verre soufflé de Murano. H. 35 x 170 x 35 cm Emmanuel Babled, “Osmosi’’, banc (2023). Marbre de Carrare, verre soufflé de Murano. H. 35 x 170 x 35 cm

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4. Le banc en marbre et verre d'Emmanuel Babled

 

Trésor d’ingéniosité, le banc en marbre et verre d’Emmanuel Babled présenté par la galerie Yves Gastou ne tient qu’à quelques millimètres, faute de quoi ses vases seraient réduits en miettes dès qu'une personne tenterait de s'y asseoir. En effet, pour sa série Osmosi, entamée en 2015, le designer français a mis au point un procédé particulièrement délicat qu’il débute à Murano, en Italie. Dans cette cité célèbre pour ses artisans, des souffleurs de verre l’aident à réaliser ses contenants, aux formes plus ou moins incurvées. Il scanne ensuite chacun de ses vases pour obtenir des mesures d'une précision absolue, puis, à l’aide d’une machine programmée informatiquement, évide des blocs de marbre de Carrare afin de pouvoir y imbriquer ensuite ses fragiles créations en verre – afin qu'elles s'y tiennent sans structure additionnelle. De ce jeu habile entre la fragilité du verre de Murano, décliné dans des couleurs diverses, et la solidité lourde du marbre découlent des guéridons, tables, sièges et autres bibelots uniques. 

 

Stand de la Galerie Yves Gastou, 51.

  • Vue du stand de la galerie Laffanour / Galerie Downtown au PAD Paris 2023. Charlotte Perriand et Jean Prouvé, “Cloison de séparation” (1952). © Michael Brunn

    Vue du stand de la galerie Laffanour / Galerie Downtown au PAD Paris 2023. Charlotte Perriand et Jean Prouvé, “Cloison de séparation” (1952). © Michael Brunn Vue du stand de la galerie Laffanour / Galerie Downtown au PAD Paris 2023. Charlotte Perriand et Jean Prouvé, “Cloison de séparation” (1952). © Michael Brunn
  • Charlotte Perriand et Jean Prouvé, “Cloison de séparation” (1952). © Michael Brunn

    Charlotte Perriand et Jean Prouvé, “Cloison de séparation” (1952). © Michael Brunn Charlotte Perriand et Jean Prouvé, “Cloison de séparation” (1952). © Michael Brunn

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5. Le panneau ultra fonctionnel de Jean Prouvé

 

Il y a des designers dont le nom revient toujours dans les foires de design. Figure majeure du 20e siècle, Jean Prouvé (1901-1984) est de ceux-là, grâce à une œuvre prolifique qui connaît depuis plusieurs décennies un engouement considérable. Si le créateur français est aujourd’hui encore plus en vogue que de son vivant, son style avait tout de même séduit plusieurs entreprises telles qu’Air France qui, en 1952, l’avait invité avec Charlotte Perriand à aménager tout l’intérieur de son agence à Brazzaville. Pour treize chambres du bâtiment, le créateur a imaginé lits et sièges, mais également ce grand panneau en tôle d’acier et bois permettant d’organiser la pièce tout en offrant aux hôtes la possibilité de ranger leurs affaires dans ses rayons. Emblème du design fonctionnel “tout en un” de Jean Prouvé, cette pièce à la hauteur ajustable rappelle les étagères à crémaillère réalisées par le Français au début des années 40, disposant du même caractère modulable et réalisées, elles aussi, avec des matériaux peu coûteux.

 

Stand de Laffanour / Galerie Downtown, 49.

  • Natasha Dakhli, “Screen Divider” (2021). Galerie Mélissa Paul.

    Natasha Dakhli, “Screen Divider” (2021). Galerie Mélissa Paul. Natasha Dakhli, “Screen Divider” (2021). Galerie Mélissa Paul.
  • Natasha Dakhli, “Screen Divider” (2021). Galerie Mélissa Paul.

    Natasha Dakhli, “Screen Divider” (2021). Galerie Mélissa Paul. Natasha Dakhli, “Screen Divider” (2021). Galerie Mélissa Paul.
  • Natasha Dakhli, “Screen Divider” (2021). Galerie Mélissa Paul.

    Natasha Dakhli, “Screen Divider” (2021). Galerie Mélissa Paul. Natasha Dakhli, “Screen Divider” (2021). Galerie Mélissa Paul.
  • Natasha Dakhli, “Screen Divider” (2021). Galerie Mélissa Paul.

    Natasha Dakhli, “Screen Divider” (2021). Galerie Mélissa Paul. Natasha Dakhli, “Screen Divider” (2021). Galerie Mélissa Paul.

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6. Le paravent modulable de Natasha Dakhli

 

Tous les paravents ne sont pas faits de bois ou de papier. La preuve avec la designer française Natasha Dakhli, qui présente sur le stand de la jeune galerie Mélissa Paul une pièce étonnante : quatre colonnes identiques composées de morceaux en grès gris émaillé accolées, projetant sur le mur des ombres de forme abstraite aux airs de totems. Passionnée par le design et la sculpture modernes, particulièrement ceux du milieu du 20e siècle, la jeune céramiste, pour créer ces colonnes, a imaginé des volumes en forme de symboles (ovales, croissants) à empiler, dans l'ordre qu'on souhaite, sur une tige, évoquant de mystérieux talismans. Présentée contre un mur au PAD, sa pièce pourra également être installée au centre d’un salon ou d’une chambre pour segmenter l’espace et jouer avec la lumière selon l’inclinaison de ses fragments en céramique.

 

Stand de la Galerie Mélissa Paul, 21.

  • Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile

    Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile
  • Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile

    Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile
  • Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile

    Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile
  • Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile

    Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile
  • Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile

    Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile
  • Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile

    Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile Ernst Gamperl. Galerie Spazio Nobile

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7. Les troncs d'arbres sculptés en vases d'Ernst Gamperl

 

Quand la plupart des designers travaillent le bois précoupé, Ernst Gamperl choisit, lui, d’aller à la source. Lauréat du Loewe Craft Prize en 2017, le créateur allemand travaille depuis la même année directement les bûches issues de chênes ou d’épicéas pour former ces grands vases aux reliefs saisissants. Pendant des heures, l’homme creuse et tourne ces bûches afin d’obtenir des volumes dont la paroi est de plus en plus fine, à l’image de la peau, tandis que les bosses plus ou moins marquées rappellent les bosses créées des ossatures, muscles et articulations. Pour finir, Gamperl trace sur leur surface des rainures à l’oxyde de fer et referme les fissures aléatoires, accidents de fabrication, à l’aide d’une technique de nouage japonaise sur le bois. À partir d’un même tronc, le créateur peut générer jusqu'à une soixantaine de pièces uniques, fruits de la rencontre organique entre sa main et la machine.

 

Stand de la galerie Spazio Nobile, 36.

  • Lampes Akari par Isamu Noguchi. Vue du stand de la Wa Design Gallery au PAD Paris 2023.

    Lampes Akari par Isamu Noguchi. Vue du stand de la Wa Design Gallery au PAD Paris 2023. Lampes Akari par Isamu Noguchi. Vue du stand de la Wa Design Gallery au PAD Paris 2023.

8. La myriade de lampes en papier d'Isamu Noguchi

 

Les lampes Akari d’Isamu Noguchi sont un incontournable du design du 20e siècle, dont Wa Design a fait sa spécialité. Pour chaque édition du PAD, la galerie de la place des Vosges présente une sélection de ces luminaires en papier qui ont fait la renommée mondiale de l’artiste nippo-américain, actuellement à l’affiche de sa première rétrospective française au LaM. Réalisées à partir de 1951 en tiges de bambou et papier washi, extrait de l’écorce du mûrier, ces pièces inspirées par les ombrelles lampions japonais ont rencontré un tel succès que le fabricant de mobilier Vitra en a produit de nombreuses éditions. Sur son stand, Wa Design présente une quarantaine d’éditions originales de ces lampes conçues entre les années 50 et 1988, année de la disparition de l'artiste. On y trouve notamment la plus grosse qu’il ait jamais faite – suspension sphérique –, la plus grande – cylindre à l’image d’une colonne – ainsi que d’autres raretés.

 

Stand de la Wa Design Gallery, 47.

 

 

PAD PARIS, du 29 mars au 2 avril 2023 au jardin des Tuileries, Paris 1er.