“Guernica” célèbre cette année ses 80 ans au sein du musée madrilène de Reina Sofia. L’œuvre du maître du cubisme fait l’objet d’une exposition hors du commun mêlant technologie informatique et documents originaux. “Repenser Guernica” est une reconstitution virtuelle du tableau en très haute définition, 436 gigabits soit l’équivalent de 300 films sur un disque dur. Ce projet permet d’observer les détails de l’œuvre avec une incroyable précision : des minuscules poils de pinceau pris dans la peinture aux stigmates d’un acte de vandalisme causé en 1974. Pour mettre en place cette prouesse, une équipe de chercheurs a utilisé des milliers d’images prises avec de la lumière infrarouge ou des rayons X. “Ce qui est intéressant à voir, c’est la géographie du tableau, sa surface. C’est comme une carte historique.” explique Rosario Peiro, directrice des collections au musée d’art contemporain de Madrid.

 

 

“Repenser Guernica” est une reconstitution virtuelle du tableau en très haute définition, 436 gigabits soit l’équivalent de 300 films.

 

 

Le 26 avril 1937, bombardée par la coalition germano-italienne pendant la guerre civile d’Espagne, la petite ville de Guernica paye cruellement l’alliance de Hitler et du général Franco. 15 jours plus tard, Pablo Picasso achève sa peinture à l’huile sur une toile de près de 8 mètres de long. Son œuvre est une commande du gouvernement de la République espagnole, le peintre doit rendre compte du carnage qui a eu lieu, illustrer le massacre des innocents. La même année, Picasso soumet “Guernica” lors de l’Exposition universelle de Paris. Son œuvre chaotique dépeint les souffrances d’hommes et d’animaux pris au piège entre les bâtiments éventrés. “Guernica” se pose en “arme offensive et défensive contre l’ennemi” pour reprendre les termes de son créateur. La célèbre toile parcourt le monde de la Scandinavie à San Francisco en passant par le Venezuela avant d'atterir à Madrid.