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Qui se cache derrière Wooyoungmi, la plus parisienne des maisons coréennes ?

 

Créé en 2002 par la créatrice coréenne Woo Young Mi, le label s’est rapidement imposé comme un incontournable des défilés de la Fashion Week homme à Paris. Rencontre dans son showroom à l’occasion du défilé printemps-été 2017…

Mme Woo dans son showroom du Marais quelques jours avant le défilé Wooyoungmi printemps-été 2017.

Photo : Mehdi Mendas

 

 

Née en Corée en 1959, Mme Woo entame des études de mode à l'université de Séoul en 1978. Elle gagne dès 1983 le prix de la mode international d'Osaka. Après avoir créé sa première maque de prêt-à-porter masculine en 1988, elle devient l'un des membres phares de la plate-forme coréenne de jeunes créateurs "New Wave" dans les années 90. En 2002, elle lance Wooyoungmi dont le défilé s'est imposé comme un incontournable de la Fashion Week parisienne. Rencontre à l'occasion du défilé printemps-été 2017 fin juin à Paris. 

 

 

Numéro : Pourquoi vous inspirer de l’artiste Sol LeWitt pour votre collection printemps-été 2017 ?

Mme Woo : Avant de penser aux thèmes de la collection, je réfléchis toujours à un type d’hommes en particulier. Un homme idéal : élégant et sensible à l’art. Je suis par ailleurs fascinée par les wall drawings [dessins monumentaux sur mur] de Sol LeWitt, à la fois très masculins par leur aspect graphique, et minimalistes et doux dans leur forme. Il m’est apparu comme une évidence que l’on pouvait réunir cet homme élégant et ces œuvres délicates. Quand vous regardez de près certains de ces dessins, vous découvrez des lignes qui se joignent et qui se détachent, se réfractent et se répètent avec une précision mathématique, une très belle régularité, comme un chaos ordonné. J’ai cherché à réinterpréter les motifs et ce qu’ils inspirent avec cette nouvelle collection.

Dans les backstages du défilé Wooyoungmi printemps-été 2017.

Le défilé Wooyoungmi printemps-été 2017.

Le moodboard de la collection printemps-été 2017 dans le showroom parisien de Wooyoungmi.

Photo : Mehdi Mendas

 

 

 

 

Dans les backstages du défilé Wooyoungmi printemps-été 2017.

 

 

 

Peut-on comparer le processus créatif d’une créatrice de mode et celui d’un artiste contemporain ?

Un designer, en mode comme en architecture, remplit un espace. Son travail est à l’intersection de trois éléments essentiels : la forme, la beauté et la fonction. Je ne sais pas si mon processus créatif est exactement le même que dans les autres domaines artistiques, mais il ne doit pas beaucoup s’en éloigner. 

 

Comment envisagez-vous le futur du prêt-à-porter masculin ?

Les évolutions et les changements radicaux qui vont advenir ou adviennent déjà s’annoncent très excitants. Le genre devient une notion plus fluctuante, on parle même de no-genre. Des catégories que l’on croyait étanches se croisent et se transforment les unes les autres. On peut prendre une inspiration dans un domaine et la mêler avec un autre élément d’un champ totalement hétéroclite. Nous avons beaucoup moins besoin de suivre les règles aujourd’hui. En un sens, nous n’avons jamais été aussi libres. Les possibilités sont infinies. 

L’entrée du showroom parisien de Wooyoungmi.

Photo : Mehdi Mendas

Dans les backstages du défilé Wooyoungmi printemps-été 2017.

 

 

Quel était votre plus grand défi quand vous avez présenté votre première collection à Paris en 2002, et quel est votre plus grand challenge aujourd’hui ?

C’est toujours le même ! Savoir évoluer sans perdre de vue qui l’on est. Je n’arrête pas de me remettre en cause. Je suis en évolution permanente. Depuis que Katie Chung [sa fille] nous a rejoints comme directrice de la création en 2014, elle a apporté le regard et la sensibilité d’une autre génération, d’un autre caractère. Cela nous enrichit. Il y a beaucoup de “clashs” entre nous. C’est ce qui nous fait avancer. Cela nous oblige à repenser et à affiner notre vision de l’homme Wooyoungmi. Ce qui m’intéresse, c’est de découvrir la nouvelle génération d’hommes, une génération qui n’est pas la mienne. Qui sont-ils ? Qu’aiment-ils ? Comment vivent-ils ? Wooyoungmi doit être en phase avec cette jeune génération beaucoup plus ouverte d’esprit.

 

www.wooyoungmi.com

 

Propos recueillis par Thibaut Wychowanok

Mme Woo dans son showroom du Marais quelques jours avant le défilé Wooyoungmi printemps-été 2017.

Photo : Mehdi Mendas

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