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Numéro
08

De Dix pour cent à Antoinette dans les Cévennes, Laure Calamy en 5 rôles

Cinéma

À 46 ans, l'actrice française qui a été récompensée du César de la meilleure actrice en 2021 pour son rôle dans Antoinette dans les Cévennes est en pleine ascension. Alors qu'elle est actuellement à l'affiche d'Une femme du monde de Cécile Ducrocq où elle interprète une prostituée, Numéro revient sur les cinq rôles les plus marquants de sa carrière.

  • Une femme du monde de Cécile Ducrocq.

  • Une femme du monde de Cécile Ducrocq.

  • Une femme du monde de Cécile Ducrocq.

  • Une femme du monde de Cécile Ducrocq.

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“Je peux avoir trente-cinq ou cinquante ans, c'est le personnage qui compte” confiait Laure Calamy à Télérama, à propos de son âge. La comédienne de 46 ans n'apprécie pas vraiment que l'on s'étende sur le sujet… À l'opposé des jeunes premières, sa consécration dans le cinéma français est pourtant particulièrement tardive. Mais la comédienne, qui vient de recevoir le César de la meilleure actrice pour son rôle dans Antoinette dans les Cévennes, est désormais en pleine ascension. Laure Calamy enchaine enfin les films et les récompenses. Diplômée du Conservatoire national d’art dramatique, elle débute au théâtre puis enchaine les seconds rôles au cinéma aux côtés de Cécile de France, Edouard Baer ou encore Virginie Efira. Révélée par la série Dix pour cent, où elle interprète une secrétaire transie d’amour pour son boss, Laure Calamy incarne une féminité loin des clichés. Elle aime incarner des femmes audacieuses, émotives souvent un brin gouailleuses, à l’instar de son rôle dans Une femme du monde de Cécile Ducrocq, aujourd’hui en salle. À Strasbourg, Marie est une prostituée issue de la classe moyenne. Indépendante et sûre d’elle, elle évolue dans le monde du proxénétisme sans mac ni appui… Jusqu’à ce qu’elle doive payer la prestigieuse école de son fils. Manifeste en faveur de la prostitution, ce film fait suite à une précédente collaboration entre les deux femmes initiée en 2014 avec La Contre-Allée, court-métrage récompensé aux César en 2016. Bientôt à l'affiche d'À Plein Temps d’Eric Gravel, en salles le 16 mars prochain, Laure Calamy s'est taillée, années après années, une place à part dans le cœur des Français. Numéro revient sur les cinq rôles les plus marquants de sa carrière. 

1.  L'amoureuse transie prête à tout 

 

Contre toute attente, Antoinette dans les Cévennes (2020) a rencontré un succès inattendu à sa sortie. Entre deux confinements, les Français ont découvert une Laure Calamy en maitresse d’école éprise du père d’une de ses élèves. Lorsque ce dernier part en vacances dans les Cévennes avec femme et enfant, elle se met en tête de le poursuivre. Avec son chapeau de paille et son âne Patrick, qui finit par devenir son confident, Antoinette parcourt la montagne. Au détour des sentiers de randonnée, les deux amants tombent l’un sur l’autre. C’est alors que commence une épopée insolite. Tendre, rocambolesque, Antoinette est une véritable aventurière qui ne cache son jeu mais ne mâche pas ses mots. Inspirée du personnage de Delphine dans le film Le Rayon Vert d’Eric Rohmer – film fétiche de la réalisatrice – ce personnage égaré est avant tout en quête d’elle-même. Superbe, Laure Calamy interprète avec finesse les failles de ce personnage lumineux et attachant, constamment à la lisière du désespoir. Entre rires et pleurs, on s'attache forcément à cette Antoinette si singulière. 

 

Antoinette dans les Cévennes, de Caroline Vignal, 2021. 

2. Une mère collante et intrusive 

 

Fin août. Une adolescente de 13 ans, Ava, passe les vacances d’été au bord de la Méditerranée avec sa mère Maud et sa petite sœur. Lors d’une visite chez le médecin, elles apprennent qu’Ava perd progressivement la vue. Alors que sa fille accueille la nouvelle avec froideur, Maud – interprétée par Laure Calamy – est désemparée. Dans ce premier long-métrage de Léa Mysius, on retrouve la comédienne dans le rôle d’une mère collante qui tente de copiner avec sa fille de 13 ans, désespérément fuyante. Face à son enfant qui n’en fait qu’à sa tête, Maud – très libre sexuellement – se réfugie dans le déni en délaissant sa fille pour un petit ami de passage. Laure Calamy y interprète une mère étouffante, impudique et égoïste. Elle incarne le pendant désinvolte et insouciant dans le duo qu'elle forme avec Noée Abita. Malgré son rôle de mère intrusive et écrasante, sa fine interprétation, met davantage en valeur la performance de la jeune actrice qui faisait alors ses premiers pas à l'écran. 

 

Ava, de Léa Mysius, 2017. 

3. L'assistante timide amourachée de son patron 

 

Que serait la série Dix pour cent sans l’incroyable Noémie ? Au sein de la fameuse agence parisienne ASK, Noémie Leclerc est l’assistante et l’amante de Matthias Barneville (Thibault de Montalembert) son patron. Avec son collègue Hervé (Nicolas Maury), elle forme le duo incontournable de cette série créée par Fanny Herrero. En leur compagnie, répliques cinglantes, commérages vont bon train. Malgré ses chemisiers à fleurs et ses jupes crayon parfois un peu coincés, Noémie n’a pas la la langue dans sa poche. Elle enchaîne les blagues de cul, les crises de nerf, les maladresses… Des conversations sur l’oreiller aux discussions de boulot, sa relation mi-passionnelle mi-professionnelle avec Matthias est cocasse. Ingénue et délurée, elle apporte finalement un peu de joie de vivre dans le quotidien morne de ce bourgeois marié et père de famille. Quand elle ne se dispute pas avec son amant secret, cette assistante hors-pair constitue l'un des piliers de l’agence. Avec Laure Calamy, il ne faut jamais se fier aux apparences. 

 

Dix pour cent, de Fanny Herrero, 2015-2020. 

4. L’éternelle adolescente au bord de la plage 


Deux Parisiennes – mère et fille – viennent passer les vacances d’été au bord de la mer, dans la Somme. À leur arrivée, elles sont accueillies par Sylvain (Vincent Macaigne), un trentenaire timide et maladroit. Avec ses doigts manucurées d'un rouge écarlate, ses mini-jupes et hauts talons, Patrizia (Laure Calamy) fait des ravages autour d’elle. Tour à tour, elle s’intéresse à Sylvain puis à son ami, un gendarme avec qui elle vit une aventure passagère. Éternelle adolescente, elle se grise des amours de vacances, drague à tout va en boite de nuit. Laure Calamy est iconique dans ce rôle. Revendiquant sa liberté et sa féminité avant tout, elle s’amuse à incarner ces femmes libres, un brin perdues. Aussi séduisante que séductrice, elle embrasse son rôle avec passion et une pointe d’humour, ce qui la rend irrésistible. 

 

Un monde sans femmes, de Guillaume Brac, 2012. 

5. La prétendante ultra catholique d'une émission de télé-réalité 


Diffusée par Canal +, La Flamme parodie les émissions de télé-réalité dont le but est de trouver l’amour, comme Burning Love aux États-Unis ou des Princes et Princesses de l’Amour en France. Plus cocasse : la série télévisée réunit tout le cinéma français, de Céline Sallette à Ana Girardot. Pendant neuf semaines, dans une villa de rêve, treize femmes se disputent un seul et même homme : le charismatique Marc (Jonathan Cohen), un pilote de ligne d’une quarantaine d’années. Laure Calamy, qui apprécie les rôles improbables, est bien entendu de la partie. Grimée en prétendante ultra catholique et ultra clichée, cette fleuriste est prête à troquer son amour pour Jésus contre celui de l'adorable Marc. Col Lavallière, chemise en soie... tout y est. Laura Calamy interprète ce personnage décalé et burlesque avec un sérieux déstabilisant. Une performance à mourir de rire. 

 

La Flamme, saison 1, de Jonathan Cohen, 2020.