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“Guy Bourdin – The Portraits” au Studio des Acacias : Guy Bourdin comme vous ne l'avez jamais vu

 

À l'occasion de l'exposition “Guy Bourdin – The Portraits” qui ouvre ses portes le 2 avril, Numéro a rencontré Shelly Verthime, la commissaire spécialiste du photographe.

Dior, mars 1972.

The Guy Bourdin Estate, 2016. Courtesy of Art + Commerce

 

Iconiques, les clichés de Guy Bourdin ont marqué d’une empreinte indélébile la photographie de mode. Chapeaux, chaussures, mises en scène érotiques aux accents surréalistes… Le Studio des Acacias rend hommage à partir du 2 avril à cet œil singulier avec l’exposition Guy Bourdin – The Portraits, qui dévoile des œuvres méconnues. Rencontre avec Shelly Verthime, commissaire de l’exposition.

Van Cleef & Arpels, décembre 1969.

The Guy Bourdin Estate, 2016. Courtesy of Art + Commerce

Numéro : Pourquoi consacrer aujourd’hui une exposition à Guy Bourdin? Qu’est-ce qui vous a intéressée chez ce photographe de mode?

Shelly Verthime : Après avoir longtemps travaillé dans la mode, je voulais m’y replonger de manière plus académique. En 1999, en feuilletant des numéros du Vogue français des années 50, je suis tombée sur des séries de Guy Bourdin. Plus je les regardais, plus j’étais captivée par sa photo, son sens de la composition et sa palette, ces couleurs acides, ces noirs et blancs très contrastés. On ne retrouve rien de semblable, hormis peut-être chez Helmut Newton, parmi ses contemporains. Lorsque je suis venue à Paris, pour mes recherches, je me suis rendue dans une librairie, mais il n’existait aucun livre consacré à ce photographe, aucun catalogue d’exposition… Plus tard, j’ai découvert qu’en fait Guy Bourdin avait exposé dans les années 50, au début de sa carrière, et avait eu des publications, notamment une introduction signée Man Ray, en 1952, pour l’exposition de la Galerie 29, rue de Seine. L’exposition du Studio des Acacias montrera ce travail méconnu de Guy Bourdin dans une partie intitulée Portrait de Paris. Il y livre sa vision de la capitale, à partir de portraits de passants ou de détails de la ville : un panneau, une image réfléchie dans une flaque d’eau, un tableau, à vrai dire, plus surréaliste – il est proche de ce mouvement – que pittoresque.

 

 

Son travail est ouvert à de multiples interprétations du fait du cadrage subtil, qui à la fois raconte une histoire et crée le mystère.

The Guy Bourdin Estate, 2016. Courtesy of Art + Commerce.

Pourtant il est moins connu que Newton…

C’est vrai. Sans doute parce qu’il est ce que j’appellerais “un photographe pour photographes”, son travail est plus complexe, et ouvert à de multiples interprétations du fait du cadrage subtil, qui à la fois raconte une histoire et crée le mystère. Dans une photo réalisée pour les pages beauté du Vogue, on aperçoit un modèle à travers un entrelacs de cuisses ou de bras, on ne sait pas trop… Le cadrage est très osé, très moderne, la photo aurait pu être prise avant-hier. Quand il crée une image pour les souliers de Charles Jourdan, il ne s’agit pas tant de chaussures que d’un récit qui raconte autre chose que ce qui est apparemment montré.

 

Guy Bourdin est un photographe qui savait imposer son point de vue.

C’est tout à fait exact, il était d’ailleurs l’un des rares à ne livrer qu’un seul négatif aux magazines. Guy Bourdin travaillait d’ailleurs en collaboration étroite avec le directeur artistique pour le recadrage de son image et sa mise en page. Dans l’exposition, on voit sa photo pour un chapeau Balenciaga sous deux angles différents. D’une part, telle qu’elle est parue dans le Vogue de février 1955, et aussi avant qu’elle ne soit recadrée pour être publiée. Avant le recadrage, les têtes de veau sont nettement plus visibles, et l’on mesure à travers cet exemple comment il travaillait la centralité du sujet, qui est sa marque de fabrique. Cette façon de happer le spectateur, comme par un effet de zoom, dans sa mise en scène est caractéristique. C’est là toute la force de Guy Bourdin.

 

 

Guy Bourdin – The Portraits

 au Studio des Acacias,
 30, rue des Acacias, Paris XVII e,

 du 2 au 30 avril.

 

Propos recueillis par Sean J. Rose

11 portraits de musiciens iconiques par Mark Seliger
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11 portraits de musiciens iconiques par Mark Seliger

Photographie Mark Seliger est un incontournable du portrait. De ses débuts pour le magazine Rolling Stones, à GQ et Vanity Fair, en passant par ses séries personnelles, le photographe texan a réalisé des clichés iconiques au cours de sa carrière d'une trentaine d'années. Entre séries engagées où figurent Barack Obama, Nelson Mandela et Malala, portraits de célébrités, parmi lesquelles Billy Porter, Kim Kardashian ou Leonardo Di Caprio, Mark Seliger fera du portrait en noir et blanc sa signature. Le monde de la musique sera également mis à l'honneur, mettant en lumière les artistes les plus influents de leur temps. Tour d’horizon en 11 portraits de musiciens iconiques. Mark Seliger est un incontournable du portrait. De ses débuts pour le magazine Rolling Stones, à GQ et Vanity Fair, en passant par ses séries personnelles, le photographe texan a réalisé des clichés iconiques au cours de sa carrière d'une trentaine d'années. Entre séries engagées où figurent Barack Obama, Nelson Mandela et Malala, portraits de célébrités, parmi lesquelles Billy Porter, Kim Kardashian ou Leonardo Di Caprio, Mark Seliger fera du portrait en noir et blanc sa signature. Le monde de la musique sera également mis à l'honneur, mettant en lumière les artistes les plus influents de leur temps. Tour d’horizon en 11 portraits de musiciens iconiques.

Dans l'intimité de Wolfgang Tillmans en 12 clichés Instagram
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Dans l'intimité de Wolfgang Tillmans en 12 clichés Instagram

Photographie Photographe de l’intime, de la jeunesse, et surtout, du vivant, l’Allemand Wolfgang Tillmans capture depuis trente ans dans ses images sensibles et poétiques les dessous du réel, des recoins du corps humain aux secrets de la nature. Ses sujets, ce maître du gros plan – actuellement à l’honneur au WIELS à Bruxelles – les examine scrupuleusement pour en extraire l’élément majeur, en sublimer le détail jadis inaperçu qui fera désormais toute leur force. Si ses prises de vue à l’appareil se font rares sur son compte Instagram, ce dernier se fait une véritable extension de l’esthétique du photographe, glânant ça et là, smartphone à la main, des fragments de vie qu’il y compile au format carré. Morceaux de chair dénudée, fleurs parsemées de rosée, fruits mûrs à point ou encore texture du tissu d’un vêtement… plongez dans le quotidien de l’artiste en 12 images saisissantes où se lit toute la singularité de son regard. Photographe de l’intime, de la jeunesse, et surtout, du vivant, l’Allemand Wolfgang Tillmans capture depuis trente ans dans ses images sensibles et poétiques les dessous du réel, des recoins du corps humain aux secrets de la nature. Ses sujets, ce maître du gros plan – actuellement à l’honneur au WIELS à Bruxelles – les examine scrupuleusement pour en extraire l’élément majeur, en sublimer le détail jadis inaperçu qui fera désormais toute leur force. Si ses prises de vue à l’appareil se font rares sur son compte Instagram, ce dernier se fait une véritable extension de l’esthétique du photographe, glânant ça et là, smartphone à la main, des fragments de vie qu’il y compile au format carré. Morceaux de chair dénudée, fleurs parsemées de rosée, fruits mûrs à point ou encore texture du tissu d’un vêtement… plongez dans le quotidien de l’artiste en 12 images saisissantes où se lit toute la singularité de son regard.

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Nobuyoshi Araki dénude la top model Anja Rubik
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Nobuyoshi Araki dénude la top model Anja Rubik

Photographie Reporter de l'érotisme et pourfendeur des tabous, le photographe star Nobuyoshi Araki capture la poésie d’un quotidien provocant dans ses portraits insouciants et ses nus idéalistes à imagerie bondage. Il photographie des femmes dénudées puis dissimule leur sexe avec les plus belles fleurs, les plus belles traces colorées. Mais parfois il ne dissimule rien du tout. Nobuyoshi Araki a immortalisé la top model polonaise Anja Rubik pour Saint Laurent et Anthony Vaccarello dans une série intitulée “Saint Laurent Shiki-in”, qui signifie littéralement “la soif de la couleur”. Reporter de l'érotisme et pourfendeur des tabous, le photographe star Nobuyoshi Araki capture la poésie d’un quotidien provocant dans ses portraits insouciants et ses nus idéalistes à imagerie bondage. Il photographie des femmes dénudées puis dissimule leur sexe avec les plus belles fleurs, les plus belles traces colorées. Mais parfois il ne dissimule rien du tout. Nobuyoshi Araki a immortalisé la top model polonaise Anja Rubik pour Saint Laurent et Anthony Vaccarello dans une série intitulée “Saint Laurent Shiki-in”, qui signifie littéralement “la soif de la couleur”.

Le prochain Festival d’Hyères aura lieu en octobre
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Mode Initialement prévu pour avoir lieu du 23 au 27 avril derniers, le Festival international de mode, de photographie et d’accessoires de mode d’Hyères a été reporté à l’automne. Après avoir proposé une série de rendez-vous numériques, ses dates officielles ont finalement été annoncées : l’événement se tiendra à la villa Noailles du 15 au 19 octobre prochains. Initialement prévu pour avoir lieu du 23 au 27 avril derniers, le Festival international de mode, de photographie et d’accessoires de mode d’Hyères a été reporté à l’automne. Après avoir proposé une série de rendez-vous numériques, ses dates officielles ont finalement été annoncées : l’événement se tiendra à la villa Noailles du 15 au 19 octobre prochains.

Yves Tumor en 11 délires photographiques
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Yves Tumor en 11 délires photographiques

Musique Les mélodies évanescentes d’Yves Tumor évoquent le spleen d’un Blood Orange – qu’il a accompagné sur une tournée –, l’électro mutante d’un Arca, les détonations hybrides d’une Fever Ray ou encore la fantaisie d’une Björk. L’artiste façonne une musique expérimentale, une soul de science-fiction viscérale qui fait fi des conventions et refuse le schéma classique couplet-refrain. Son compte instagram est à l’image de ses compositions : délirant. Les mélodies évanescentes d’Yves Tumor évoquent le spleen d’un Blood Orange – qu’il a accompagné sur une tournée –, l’électro mutante d’un Arca, les détonations hybrides d’une Fever Ray ou encore la fantaisie d’une Björk. L’artiste façonne une musique expérimentale, une soul de science-fiction viscérale qui fait fi des conventions et refuse le schéma classique couplet-refrain. Son compte instagram est à l’image de ses compositions : délirant.

Portfolio: Ren Hang et l’expression du désir
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Portfolio: Ren Hang et l’expression du désir

Photographie Dramatiquement décédé en 2017, Ren Hang questionnait par le biais de son oeuvre des problématiques humaines majeures. À travers ses prises de vues paradoxalement poétiques et charnelles, juxtaposant les corps dans un jeu qui les apparente à des formes graphiques, il interrogeait notamment les relations qu’entretient l’homme avec le désir, l’identité ou encore la nature. Subversif dans une Chine post Tian’anmen, le photographe provoquait également les moeurs au sein d’un contexte politique répressif et peu enclin à préserver la liberté d’expression. Dramatiquement décédé en 2017, Ren Hang questionnait par le biais de son oeuvre des problématiques humaines majeures. À travers ses prises de vues paradoxalement poétiques et charnelles, juxtaposant les corps dans un jeu qui les apparente à des formes graphiques, il interrogeait notamment les relations qu’entretient l’homme avec le désir, l’identité ou encore la nature. Subversif dans une Chine post Tian’anmen, le photographe provoquait également les moeurs au sein d’un contexte politique répressif et peu enclin à préserver la liberté d’expression.