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À la rencontre des collectionneurs: le banquier et éditeur Tarek Issaoui

 

Numéro est parti à la rencontre des collectionneurs qui nourrissent un amour sincère pour l’art contemporain. Aujourd’hui, Tarek Issaoui revient sur l’origine de cette passion qui l’a mené d’Uccello à Travess Smalley (photo) ou Wade Guyton.

Travess Smalley (2015)

Feb_9_2015_Lulu_Book_02_Page_Scans 032015

UV coated digital pigment print mounted on aluminum frame.

Provenance: Foxy Productions.

Œuvre de la collection personnelle de Tarek Issaoui.

Cory Arcangel, 2010

Photoshop CS: 84 by 66 inches, 300 DPI, RGB, square pixels, default gradient "Blue, Red, Yellow", mousedown y=22100 x=14050, mouseup y=19700 x=1800

C-Print.

Provenance: Galerie Thaddaeus Ropac.

Œuvre de la collection personnelle de Tarek Issaoui.

Numéro : Pourquoi l’art vous passionne-t-il ?

Tarek Issaoui : Je répondrai avec les mots de Robert Filliou : “L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art.

 

Comment êtes-vous devenu collectionneur ?

Je n’ai pas été élevé dans un environnement artistique. En la matière, je suis autodidacte. Et c’est justement cette construction personnelle qui m’a intéressé. Je suis parti d’Uccello, Bosch, pour remonter vers Delacroix, Gustave Moreau, Odilon Redon, jusqu’à Marcel Duchamp. Une fois Duchamp abordé, j’ai pu explorer l’art contemporain. J'ai commencé à me percevoir comme un collectionneur, tout d'abord, avec les livres d’artistes. À un certain moment, le facteur me déposait quasi quotidiennement des colis, et ma ”bibliothèque” contenait déjà des centaines de titres. Je ne pouvais plus me contenter d’évoquer un simple intérêt. Pour les œuvres d’art, c’est venu plus graduellement. J’ai assumé mon statut de collectionneur récemment, à partir du moment où je me suis posé la question de la cohérence de l’ensemble des œuvres que j’avais achetées au fil des années.  

 

Quelle est la première œuvre que vous ayez achetée ?

Il doit s’agir d'une œuvre de Franck Scurti achetée lors d’une Fiac, sur le stand d’Anne de Villepoix, quand j’avais 25 ou 26 ans. Si je continue à suivre le travail de Scurti, j’ai en revanche acheté cette pièce-là pour de mauvaises raisons: elle représentait un personnage (“La Linea”) effrayé par la chute d'une courbe boursière. C’était la période de la bulle technologique, et je ressentais plus ou moins la même chose.

 

Quel artiste suscite votre intérêt aujourd’hui ?

 Je m’intéresse au travail de Liz Deschenes. Mais avoir accès aux pièces n’est pas aisé, il faut faire preuve de patience. Une autre œuvre se glissera sans doute dans l’intervalle.

 

 

Le propre d’une collection est de ne pas avoir de fin. C’est même ce qui peut nous attirer, échapper au temps. Le jour où les hommes seront immortels, je ne suis pas certain qu’ils continueront de collectionner. 

Artie Vierkant, 2013

Image Object Monday 11 March 2013 1:15PM

UV print on dibond.

Provenance: New Galerie.

Oeuvre de la collection personnelle de Tarek Issaoui.

Quelle œuvre d’art rêveriez-vous de posséder ?

Air de Paris de Marcel Duchamp.

 

De quelle manière le marché de l’art influence-t-il vos choix ?

Pour ce qui est des jeunes artistes, le marché exerce pour moi une influence négative, au sens où le “buzz” spéculatif me force parfois à faire des choix plus rapides que je ne le souhaiterais, de peur de voir les prix atteindre un niveau inaccessible. Cette accélération ne favorise pas la réflexion. Ces derniers temps, cela touche à l’hystérie. Je me suis volontairement placé sur la touche, en espérant un retour à la raison. En attendant, il y a suffisamment d’œuvres intéressantes à explorer qui ne sont pas regardées par le marché.

 

Êtes-vous proche de certaines galeries ?

Je ne suis pas attaché au programme d’une galerie en particulier. Je dois néanmoins beaucoup à Chantal Crousel, qui m’a accordé du temps et sa confiance à un moment où je définissais plus précisément mes choix de collectionneur. Plus récemment, j’ai tissé des liens avec la New Galerie et XPO, toutes deux à Paris. Nous sommes engagés dans des coéditions de livres d’artiste, via une petite maison d’édition que j’ai créée l’an dernier. 

 

Comment vous tenez-vous informé ?

Mes premiers conseillers sont les livres. Par rapport à l’aspect parfois séduisant des œuvres conçues pour le “white cube” d’une galerie, les livres apportent une distance, une mesure. Dans le contexte d’accélération que je décrivais plus haut, c’est plutôt bon signe de voir un artiste consacrer du temps à produire des livres d’artiste, sans en attendre un retour immédiat.

 

Au sein de votre collection, vous concentrez-vous sur une période, un médium ou un groupe d’artistes ?

Ces dernières années, j’ai affiné la ligne de la collection pour me concentrer, en grande partie, sur des œuvres reposant sur un “processus”, parfois systématique, constitutif de l’acte de création lui-même. Il peut s’agir d’artistes utilisant les éléments naturels, comme Sam Falls ou Ryan Foerster, ou puisant dans une matière première digitale, comme Cory Arcangel, Artie Vierkant ou Wade Guyton. Toutefois, je ne me concentre pas sur une génération précise. Ainsi, Roman Signer ou Robert Heinecken, par exemple, figurent dans mon panthéon personnel. 

 

Comment envisagez-vous l’avenir de votre collection ?

Je ne lui vois pas de futur défini, si ce n’est de l'agrandir et de la préciser. Le propre d’une collection est de ne pas avoir de fin. C’est même ce qui peut nous attirer, échapper au temps. Le jour où les hommes seront immortels, je ne suis pas certain qu’ils continueront de collectionner. 

 

Propos recueillis par Nicolas Trembley

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