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Numéro
31

Paris Gallery Weekend : le conservateur Fabrice Hergott dévoile son parcours artistique dans la capitale

Art

En 2014, la galeriste Marion Papillon initie le Paris Gallery Weekend, un parcours sur plusieurs jours guidant les visiteurs au sein des galeries d'art parisiennes. Le projet se renouvelle plusieurs fois par an et propose désormais 7 parcours originaux par quartiers et animés par des rencontres, vernissages, goûters et autres événements conviviaux. Pour sa nouvelle édition du 3 au 6 juin prochains, le Paris Gallery Weekend invite des acteurs du monde de l'art à raconter au fil d'un texte leur parcours personnel au sein de cette nouvelle programmation, publié chaque jour par Numéro jusqu'à l'événement. Aujourd'hui, découvrez la visite du conservateur et historien de l'art Fabrice Hergott.

  • Sultana. Matthias Garcia, “Début de Nuit” (2019).

A bicyclette, aller jusqu’à Romainville en s’emberlificotant dans son itinéraire ressemble à une petite aventure avec quelques surprises : des rues dégagées mais à sens unique où s’engouffrent des camions déchaînés devant lesquels il vaut mieux poliment se garer, d’énormes et magnifiques pavés paris-roubaisiens comme il n’en existe plus et même un canal à l’horizontalité rêveuse.

 

Une fois arrivés sur place, prenez le temps de regarder les calmes topographies d’Irene Kopelman, une découverte. Dans l’autre aile de Komunuma, vous trouverez les généreuses installations de Gaëlle Choisne dont les coquilles d’huitres clignent joyeusement de l’œil aux plaisirs de la vie. N’oubliez pas d’aller voir les nouveaux locaux du Frac et de passer par Pantin où les montages de Gilbert & George n’ont rien perdu de leur réalisme paradoxal.

 

Avec du temps, des jambes d’acier ou un vélo électrique, vous pouvez aller directement à Belleville, mais il vaut mieux choisir le métro pour atteindre ces hauteurs zigzagantes. Là, fendez la foule masquée des terrasses et laissez-vous glisser dans la rue des Cascades. Vous y trouverez les lumineux présentoirs de Sol Calero et leur expérience matissienne en apesanteur, ce qui est tout de même assez rare.

 

Après avoir grimpé l’escalier du vilain parc de Belleville, n’oubliez pas l’exposition d’Ernesto Sartori, bâtisseur obsessionnel dont les œuvres ont la ferme délicatesse de leur accrochage. Elles forment un monde différent et peut-être plus étrange encore que celui, deux rues plus bas, des tableaux de Matthias Garcia qui ont pour eux le parfum vénéneux du meilleur surréalisme.

 

Enfin, il faut faire confiance à l’œil d’Anne de Villepoix et découvrir sa nouvelle exposition d’artistes africains. La rue est un peu à l’écart mais Svetlana Alpers ne dit-elle pas que “celui qui regarde est au monde ce que le solitaire est à la foule”.

 

 

Irene Kopelman, galerie Jocelyn Wolff, 43 rue de la Commune de Paris, Romainville.

Gaëlle Choisne, Air de Paris, 43 rue de la Commune de Paris, Romainville.

Galerie Thaddaeus Ropac, 69 rue du Général Leclerc, Pantin.

Sol Calero, Crèvecoeur, 9 rue des Cascades, Paris 20e.

Ernesto Sartori, Spugne chiuse, Marcelle Alix,  4 rue Jouye-Rouve, Paris 20e.

Matthias Garcia, Galerie Sultana, 10 rue Ramponeau, Paris 20e.

Svetlana Alpers, Tuilages, « Fenêtre sur cour II », Éditions de la revue Conférence, Paris, 2015, page 190.