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Numéro
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9 expositions de photographie à ne pas manquer pendant Paris Photo

Photographie

Après une année blanche, le retour de la Foire internationale Paris Photo du 11 au 14 novembre s’accompagne de nombreux événements consacrés à la photographie au sein des institutions et des galeries. Tour d’horizon des expositions à ne pas manquer cette semaine dans la capitale française.

László Moholy-Nagy, Lucia Moholy, Sans titre (portrait de László Moholy Nagy), 1925. Épreuve gélatino-argentique, 9,3 × 6,3 cm, The Museum of Modern Art, New York. Collection Thomas Walther. Acquis grâce au fonds « The Family of Man » © ADAGP, Paris, 2021. © 2021 Artists Rights Society (ARS), New York/VG Bild-Kunst, Bonn. © The Museum of Modern Art, New York, 2021, pour l’image numérisé.

Aurel BauhSans titre, 1929-1932. Épreuve gélatino-argentique, 29,4 × 23,3 cm, The Museum of Modern Art, New York. Collection Thomas Walther. Don de Thomas Walther © The Museum of Modern Art, New York, 2021, pour l’image numérisé.

1. La collection Thomas Walther au Jeu de paume

 

 

Issus de la collection Thomas Walther du MoMA, les deux cent trente clichés présentés au sein du Jeu de paume retracent l’histoire des avant-gardes photographiques du début du XXe siècle. Ce panorama de la scène artistique de l’entre-deux-guerres rassemble les expérimentations photographiques du Bauhaus menées par László Moholy-Nagy ainsi que des propositions dadaïstes et surréalistes. Portraits, nus, photomontages… les photographes de la modernité – d’Aleksandr Rodtchenko à Claude Cahun – distordent le réel en mettant en lumière l’étrangeté de la vie quotidienne.

 

Jusqu’au 13 février 2022 au Jeu de paume, Paris 8e.

Samuel Fosso, Autoportrait. Série « Mémoire d'un ami », 2000 © Samuel Fosso, courtesy Jean-Marc Patras / Paris.

2. Samuel Fosso à la Maison européenne de la photographie

 

 

Samuel Fosso est apprenti chez un photographe à Bangui, au Cameroun, quand il ouvre son tout premier studio de photo à l’âge de 13 ans. À cette époque, dans les années 70, il réalise surtout des autoportraits où il incarne les caricatures et les clichés présents dans la communauté noire. Réinventant constamment son identité, il s’incarne plus tard dans des figures emblématiques du mouvement des droits civiques tels que Martin Luther King ou Aretha Franklin. À l’occasion du cinquième anniversaire de l’enseigne parisienne Tati en 1997, il réalise une série de clichés questionnant l’identité africaine postcoloniale aux côtés de Sarah Moon et de William Klein. Ses photographies font l’objet, pour la première fois en France, d’une rétrospective presque exhaustive, de ses années de jeunesse à sa reconnaissance internationale actuelle. 

 

Du 10 novembre 2021 au 16 janvier 2022, à la Maison européenne de la photographie, Paris 4e.

Sara Cwynar, Girl from Contact Sheet II, 2013. Epreuve à jet d’encre pigmentaire, 76,2 x 61 cm. Don des Amis du Centre Pompidou, Groupe d’Acquisition pour la Photographie, 2018. Collection Centre Pompidou, Paris Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle © DR Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Audrey Laurans

Constantin Brancusi. Le Supplice, plâtre (1906), 1907. Négatif gélatino-argentique sur verre, 18 x 13 cm. Legs de Constantin Brancusi en 1957 Collection Centre Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle © Succession Brancusi - All rights reserved (Adagp) 2021 Photo © Centre Pompidou.

3. “L’image et son double” au Centre Pompidou

 

 

Alors qu’à l'ère du numérique, les productions visuelles ne cessent de se multiplier et de se diffuser, la galerie de photographies du Centre Pompidou dédie une exposition aux représentations du double. À travers trois sections – nommées “La gramme double”, “La copie imparfaite" et “Posséder le réel” – les collages et photomontages exposés explorent les dysfonctionnements du processus photographique. La photographie relève d’un procédé qui peut être décuplé à l’infini grâce au négatif et aux techniques numériques. Accumulations et collections relèvent d’une même fascination – chez Pati Hill comme chez Man Ray – pour la prolifération et la démultiplication. Réunissant des photographies historiques comme des œuvres contemporaines issues des collections du musée, l’exposition offre une variation sur les jeux formels – miroirs, reflets, glitchs, ombres. 

 

Jusqu’au 13 décembre à la galerie de photographies du Centre Pompidou, Paris 4e.

© Gabriel Dia - Sabar.

© Gabriel Dia - Sabar.

4. Les Rencontres photographiques du 10e arrondissement

 

 

Depuis 2012, la mairie du 10e arrondissement organise des rencontres photographiques à l’automne afin de mettre en lumière les jeunes talents de la photographie. Parmi les artistes sélectionnés, le Franco-Sénégalais Gabriel Dia ou la Brésilienne Livia Melzi – récemment lauréate du Grand Prix du Salon de Montrouge – sont exposés au jardin Villemin. Au sein d’un parcours conçu par le collectif Fetart, les espaces publics et les lieux culturels de l’arrondissement accueilleront une multitude d’expositions photographiques au cours du mois de novembre. À la médiathèque Françoise- Sagan comme sur les grilles de la gare de l’Est et de la gare du Nord, cette édition rend hommage au multiculturalisme qui caractérise l’arrondissement. Trajectoires, migrations, quête d’identité… si leurs écritures photographiques divergent, chacune des pratiques témoigne d’un intérêt constant pour l’altérité en écho aux travaux de Marvin Bonheur, parrain de cette neuvième édition.

 

Jusqu’au 1er décembre 2022, Paris 10e.

Clarisse Hahn, CRACK!, 2021, silver-digital print, 80 x 120 cm.

5. Clarisse Hahn à la galerie Jousse Entreprise

 

 

À Barbès, Clarisse Hahn a capturé des scènes de rue burlesques et éphémères. Au milieu des vendeurs à la sauvette et des petits trafics de ce quartier populaire parisien, elle photographie des personnages qui occupent l’espace urbain et qu’elle rebaptise tendrement les “princes de la rue”. L’été dernier, elle présentait sa série aux Rencontres de la photographie d’Arles à proximité d’un vaste accrochage baptisé “Masculinités”. Artiste et réalisatrice (Les Protestants, Kurdish Lover)la quadragénaire française poursuit une recherche sur les codes sociaux qui caractérisent certaines communautés normées. S’intéressant aux boyzones – zones où les hommes règnent en maîtres – l’artiste s’immisce dans l’intimité de ses sujets, questionnant ainsi avec sensibilité les codes de la masculinité.

 

Jusqu’au 4 décembre 2021 à la galerie Jousse Entreprise, Paris 3e.

John Coplans, Back with Arms Above, 1984 © The John Coplans Trust.

John Coplans, Front Hand, Thumb Up, Middle, 1988 © The John Coplans Trust.

6. John Coplans à la Fondation Henri Cartier-Bresson

 

 

Unique sujet photographique de l’œuvre de John Coplans, le corps de l’artiste est envisagé sous tous ses angles. Souvent fragmentées, ses compositions – dont le visage est constamment absent – représentent son corps vieillissant. Les clichés de l’artiste libèrent un flux d’inventions formelles et d’analogies explosives. Décédé en 2003, ce Londonien, peintre et critique d’art, a fondé à Los Angeles en 1962 la revue de référence ArtForum. Fin connaisseur de l’histoire de l’art, John Coplans commence la photographie à l’âge de 60 ans. Au sein de la prestigieuse Fondation Henri Cartier-Bresson, cette exposition baptisée “La vie des formes” mêle autant les œuvres de John Coplans elles-mêmes que celles des artistes qui l’ont accompagné durant sa vie entière, à l’instar de Walker Evans, Philip Guston ou Constantin Brancusi.

 

Jusqu’au 16 janvier 2022 à la Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris 3e.

Vivian Maier, New York, NY, 1955. Tirage gélatino-argentique posthume Signé et tamponné par John Maloof Dimensions du tirage : 40,6 x 50,8 cm. © Estate of Vivian Maier / Courtesy Maloof Collection; Howard Greenberg Gallery, New York & Les Douches la Galerie, Paris.

Vivian Maier, New York, NY, 1959. Tirage gélatino-argentique posthume Signé et tamponné par John Maloof Dimensions du tirage : 40,6 x 50,8 cm. © Estate of Vivian Maier / Courtesy Maloof Collection; Howard Greenberg Gallery, New York & Les Douches la Galerie, Paris.

7.  Vivian Maier à Les Douches La Galerie

 

 

En parallèle de la riche monographie actuellement consacrée à l’artiste américaine par le musée du Luxembourg, Les Douches La Galerie dédie également une exposition à cette pionnière de la photographie de rue. Rassemblant clichés en noir et blanc et en couleur pour la plupart inédits, l’exposition “Saisir l’inattendu” reflète ses pérégrinations à New York puis à Chicago. Rolleiflex au cou, elle photographie inlassablement ses multiples reflets dans les vitrines des boutiques de la Cinquième Avenue. Avec ses compositions sobres et son humour vif, ses clichés représentent fidèlement l’atmosphère des Trente Glorieuses. Redécouverte seulement quelques années après son décès, elle est désormais considérée comme l’une des figures majeures de la street photography. 

 

Du 5 novembre au 5 février, à Les Douches La Galerie, Paris 10e. 

Lobatus gigas © Elsa and Johanna

8. Elsa et Johanna au palais de la Découverte

 

 

Avant que le palais de la Découverte ne ferme pour travaux, le duo de photographes Elsa et Johanna l’ont investi en vue d’immortaliser la rénovation de ce lieu emblématique de la culture scientifique. Fondé en 1934 par un prix Nobel de physique, le palais est désormais un musée à destination des publics non scientifiques. Au détour des salles désertes de l’institution, les deux photographes réalisent des mises en scène aussi cocasses que colorées. Elles incarnent tour à tour une multitude de personnages tels que deux étudiantes sur les bancs de l’université ou des chimistes affairés. Seize clichés de cette série inédite baptisée “Palace Odyssée” sont actuellement exposés en face des Étincelles du palais de la Découverte, structure temporaire qui accueille le prestigieux musée. 

 

À partir du 11 novembre, aux Étincelles du palais de la Découverte, Paris 15e.

Bruce Davidson, USA. New York City. 1966. East 100th Street © Bruce Davidson/Magnum Photos.

9. Bruce Davidson et Khalik Allah à la galerie Magnum

 

 

Pour célébrer l’ouverture de sa galerie dans le 11e arrondissement, la célèbre agence de photoreportage Magnum dédie depuis octobre un accrochage aux deux photographes américains Bruce Davidson et Khalik Allah. Le premier arpentait les rues de New York dans les années 50, capturant la misère sociale des communautés en détresse vivant sous le métro aérien. Quant à Khalik Allah, né vingt-cinq ans plus tard, il sillonne dès son plus jeune âge les rues malfamées, de Brooklyn à Harlem, et capture les visages creux et anémiés des toxicomanes noirs dénonçant ainsi les inégalités raciales présentes aux États-Unis. À deux époques différentes, les deux hommes, qui ne se seront jamais croisés, livrent des témoignages puissants sur les invisibles de la rue, nous sensibilisant aux questions persistantes de l’addiction et de la pauvreté. 

 

Jusqu’au 18 décembre, à la galerie Magnum, Paris 11e.