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03 Septembre

Steve Hiett, de Jimi Hendrix à la photographie de mode

 

Figure importante de la photographie de mode, le Britannique Steve Hiett s’est éteint le 28 août dernier à l’âge de 79 ans. Retour sur la carrière d’un maître de la couleur et de la composition.

Par Matthieu Jacquet

Steve Hiett photographié par Jean-Baptiste Mondino. Remerciements à Jean-Baptiste Mondino.

 

Des femmes au teint diaphane éblouies par le flash. Leur pâleur est relevée par les couleurs vives de leurs robes, Steve Hiett les a capturées en contre-plongée, à l’oblique devant un ciel d’un bleu azur… Pendant près de 50 ans, cet artiste britannique a nourri de nombreux magazines de mode de ses images saisissantes, témoignant d’une grande maîtrise de la couleur, du cadrage et de la composition.. Il y a une semaine, le photographe s’est éteint à l’âge de 79 ans, laissant son empreinte sur l’histoire de l’image de mode. Mais son parcours singulier est avant tout celui d’un artiste, que son expression soit passée par la musique, le design ou la photographie.

 

Après avoir brièvement étudié la peinture, le jeune homme passionné par l’image entre au Brighton Art College afin d’étudier le design graphique et la photographie. En parallèle, il développe un amour pour la musique qu’il concrétise en rejoignant le groupe de pop psychédélique The Pyramid au milieu des années 60, dans lequel il restera quelques années. Mais un événement marque un tournant définitif dans sa carrière : alors qu’il joue sur scène avec son groupe, l’artiste s’électrocute avec sa guitare électrique Fender. Une situation que le photographe recréera avec humour, quelques décennies plus tard, devant l’objectif de Jean-Baptiste Mondino.

Steve Hiett, Vogue Paris, 1977 © Steve Hiett

Steve Hiett, Charlotte Connoley, Vogue Italia, 1998 © Steve Hiett

 

Cette mauvaise expérience sera aussi bénéfique pour Steve Hiett : il dévoue alors sa carrière à la prise de vue. En 1968, il commence à travailler pour le magazine féminin (et féministe) anglais Nova puis, grâce à sa fréquentation de la scène musicale de l’époque, l’artiste rencontre Jimi Hendrix qu’il photographie sur l’île de Wight au début des années 70. Sa série apporte une exposition non négligeable au travail du photographe, qui s’installe à Paris peu de temps après.

 

Pendant les décennies suivantes, Steve Hiett prend ses marques et s’affirme en tant que photographe de mode en travaillant pour plusieurs des plus grands magazines : Vogue Italie et Vogue France, Harper’s Bazaar, Marie-Claire, The Face… Il se reconnaît alors à son utilisation récurrente et frontale du flash, des compositions à l’oblique portées par des lignes fortes et formes géométriques, ainsi que par des couleurs saturées créant un fort contraste – réminiscence de son amour pour le graphisme et le cinéma de réalisateurs tels qu’Alfred Hitchcock. Souvent, ses images prennent place dans un cadre urbain, où se rencontrent à la fois les éléments naturels et les objets et espaces créés par l’homme. Ce style devenu caractéristique l’amènera également à réaliser de nombreuses campagnes, pour Roberto Cavalli, Lacoste, Oscar de la Renta ou encore Agnès B. Autant de collaborations qui formeront demain, malgré sa triste disparition, un héritage visuel encore très vivace.

Steve Hiett, “Kirsten Owen, Jacques Bastello”, 1987 © Steve Hiett

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