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Numéro
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Les expositions de photographie à voir absolument, de Victor Burgin à Viviane Sassen

PHOTOGRAPHIE

Victor Burgin au Jeu de paume, Viviane Sassen à la Maison Européenne de la Photographie, ou encore les photographes et leur mère au Bal... Découvrez 8 expositions de photographie à ne pas manquer ce mois-ci à Paris.

  • Victor Burgin, “Adaptation, 2023

  • Victor Burgin, “Island Flight, 2022. Courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne

  • Victor Burgin, “A Place to Read” (2010) (détail). Courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne

  • Victor Burgin, “Dear Urania” (2016) (détail). Courtesy Galleria Lia Rumma, Milan / Naples.

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1. La photographie conceptuelle de Victor Burgin au Jeu de paume

 

Associé à ses débuts à l’art conceptuel, Victor Burgin fait dès les années 70 de la photographie son médium principal. Dès lors, celle-ci permettra l’artiste britannique de continuer à explorer les thématiques qui l’animent : histoire politique, rapports de pouvoir traduits par les architectures urbaines, traces d’une mémoire collective traversant les siècles ou encore représentation de genre… Nourries par ses lectures assidues de Sigmund Freud, l’astronomie, les récits de science-fiction mais également le travail d’artistes tels que Vilhelm Hammershøi, ses photographies souvent énigmatiques jouent sur la frontière entre la capture du réel à l'état brut et la mise en scène, jusqu’à l’utilisation plus récente de la modélisation 3D. Une diversité développée au fil de cinquante années de carrière, que l’on constate actuellement dans son exposition personnelle au Jeu de paume.

 

“Victor Burgin. Ça”, jusqu'au 28 janvier 2024 au Jeu de paume, Paris 1er.

  • Viviane Sassen, “DNA” (2007). © Viviane Sassen et Stevenson (Johannesburg / Cape Town / Amsterdam).

  • Viviane Sassen, “Eudocimus Ruber” (2017). © Viviane Sassen et Stevenson (Johannesburg / Cape Town / Amsterdam).

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2. Couleurs et corps dans l'exposition de la Viviane Sassen à la Maison européenne de la photographie

 

Photographe de mode de renom, Viviane Sassen est rapidement sortie de ses carcans pour proposer une œuvre visuelle protéiforme exaltant aussi bien la grâce des corps que les couleurs vives de la nature et du textile, notamment celles du Kenya, où elle a vécu. À la Maison européenne de la photographie, la Néerlandaise expose plusieurs de ses séries emblématiques qui balayent trente années de création, de ses autoportraits au début de sa carrière à ses collages surréalistes assemblant des corps divers, en passant par ses paysages contemplatifs et ses commandes diverses pour les marques et magazines de mode.

 

Viviane Sassen, “PHOSPHOR : Art & Fashion 1990-2023”, du 18 otobre 2023 au 11 février 2024 à la Maison européenne de la photographie, Paris 4e.

  • Ellen Carey, série “Zerogram” (2018). BnF, Estampes et photographie © Ellen Carey / Courtesy Galerie Miranda.

  • SMITH, “Sans titre”, série “Spectrographies” (2012). BnF, Estampes et photographie © SMITH, Courtesy Galerie Christophe Gaillard, 2022SMITH, Sans titre, série « Spectrographies », 2012 BnF, Estampes et photographie © SMITH, Courtesy Galerie Christophe Gaillard, 2022.

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3. Le devenir plastique de la photographie à la BnF

 

La photographie peut-elle se réduire à la seule représentation du réel ? Dans le cadre de sa saison annuelle consacrée au médium, la Bnf se concentre justement sur les images dont le traitement transporte dans une autre forme de réalité, uniquement accessible à l’aide de techniques ingénieuses parfois rares. Photographie thermique chez SMITH, gravure sur papier photo chez Magali Lambert, utilisation de la cire chez Daisuke Yokota ou jeu avec la fixation de l’image argentique chez Vittoria Gerardi… Nombre de procédés sont à l’œuvre dans les clichés réunis dans l’exposition “Épreuve de la matière”, qui montre combien, de la seconde moitié du 20e siècle aujourd’hui, la photographie est peu à peu sortie de sa bidimensionnalité classique pour adopter une dimension plastique.

 

“Épreuves de la matière. La photographie contemporaine et ses métamorphoses”, jusqu'au 4 février 2024 à la BnF, Paris 13e.

  • Gao Shan, de l’ensemble “The Eighth Day” (2013 - 2016).

  • Michel Journiac, “Propositions pour un travesti inc estueux et masturbatoire” (1975). © Michel Journiac © Adagp, Paris, 2023.

  • Sophie Calle, de l’installation “Pôle Nord” (2008).

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4. Quand les photographes rendent hommage à leur mère

 

Icône adulée pour certains, crainte par d'autres, ou encore regrettée après sa disparition ou suite à son éloignement... La mère est sans doute la figure universelle par essence, commune à tout être vivant. Nullement surprenant, donc, de la voir apparaître dans l'œuvre de tant d'artistes qui s'en inspirent depuis des siècles. Présentée jusqu'au 25 février prochain au Bal, l'exposition “À partir d'elle. Des artistes et leur mère” s'intéresse à ces représentations chez vingt-cinq artistes contemporains travaillant autour de l'image figée et en mouvement. On retrouve ainsi parmi eux les séances de travestissements de Michel Journiac, l'hommage de Sophie Calle, les mises en scène loufoques d'Anna et Bernhard Blume ou encore un drôle de rituel entre l'artiste islandais Ragnar Kjartansson et sa mère, documenté par des films réalisés sur les vingt dernières années.

 

“À partir d'elles. Des artistes et leur mère”, jusqu'au 25 février 2024 au Bal, Paris 18e.

  • Douglas Gordon, "Blind Ingrid (White Eyes)” (2002). Provenance : Collection Marin Karmitz.

  • Christer Strömholm.

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5. Le corps photographié sous toutes ses coutures dans la collection de Marin Karmitz

 

Si, avec ses 40 000 tirages, le Centre Pompidou dispose de l’une des plus grandes collections de photographies au monde, le distributeur de cinéma et fondateur des salles MK2 Marin Karmitz a lui aussi acquis au fil des décennies une quantité considérable de clichés. L’exposition ”Corps à corps” croise ces deux riches collections autour d’une même thématique : le corps et ses représentations aux 20e et 21e siècles, dans laquelle on trouve, entre autres, des œuvres de Man Ray, de Berenice Abbott, d’Andy Warhol, mais également réalisées par des artistes plus contemporains tels que Douglas Gordon, Valérie Jouve ou encore SMITH.

 

“Corps à corps. Histoire(s) de la photographie”, du 6 septembre 2023 au 25 mars 2024 au Centre Pompidou, Paris 4e.

  • © Carolyn Drake / Magnum Photos.

6. Les nouvelles masculinités vues par Carolyn Drake à la Fondation Henri Cartier-Bresson

 

Dans ses séries réalisées au fil des vingt dernières années, la Californienne Carolyn Drake déconstruit les clichés et discours dominants qui régissent la société qu'elle côtoie, mais aussi ceux qui ont façonné son éducation. Si l’artiste a beaucoup voyagé à l'étranger pour ses projets, de l’Ukraine à la Chine en passant par l’Asie Centrale, elle s’est par la suite davantage centrée sur son propre pays, en photographiant par exemple une communauté de femmes d'un petit village rural du Mississippi. Lauréate du prix HCB en 2021, la photographe présente actuellement à la Fondation Henri Cartier-Bresson son dernier projet : une série centrée sur les multiples formes de masculinités contemporaines. Tantôt jeunes et vigoureux ou plus faibles et vieillissants, les dizaines d'hommes immortalisés – dont l'artiste elle-même, grimée au masculin – montrent l'obsolescence et le déclin des représentations qui, pendant des siècles, ont contribué à définir l'homme idéal.

 

“Carolyn Drake. Men untitled”, jusqu'au 14 janvier 2024 à la Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris 3e.

  • Maja Daniels

  • Maja Daniels

  • Maja Daniels

  • Maja Daniels

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7. Les rituels mystiques de Maja Daniels à l'Institut Suédois

 

Situé au cœur de la Dalécarlie, comté en plein centre de la Suède, le village où Maja Daniels a grandi est imprégné d’une histoire séculaire : celle d’une jeune fille qui, au 17e siècle, fut accusée de sorcellerie pour avoir marché sur l’eau. Première braise d’une chasse aux sorcières qui s’étendra dans toute pays, ce récit, transmis de génération en génération, a inspiré à la photographe suédoise une série, On the Silence of Myth, célébrant les liens longtemps stigmatisés voire condamnés entre les femmes et la nature. Un ensemble de clichés actuellement exposé à l’Institut suédois, où se croisent fragments d'une nature mystique et corps féminins énigmatiques.

 

“Maja Daniels. On the Silence of Myth”, du 9 novembre 2023 au 14 janvier 2024 à l'Institut suédois, Paris 3e.

  • Mario Giacomelli, “Je n’ai pas de main qui me caresse le visage” (1961-1963).

  • André Kertész, “1er janvier 1972 à la Martinique” (1972). © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat.

  • Koichi Kurita, “Melting Snow on a Rock, Nagano, Japan” (1988). © Koichi Kurita.

  • Daido Moriyama, “Portrait d’acteur de la série Théâtre japonais” (1968). © Daido Moriyama Photo Foundation.

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8. L'histoire de l'image en noir et blanc à la BnF

 

À l'origine de la photographie, il y a le noir et blanc. Depuis le 19e siècle, l’histoire des images a démontré toute la puissance expressive et esthétique de ce qui, jusqu’à la démocratisation de la couleur le siècle suivant, offrait le seul mode de représentation du réel. Si la grande exposition “Noir & blanc. Une esthétique de la photographie” que devait présenter le Grand Palais en 2020 avait dû être annulée en raison de la pandémie, c’est finalement à la Bnf que le public pourra la découvrir. Environ 300 tirages y sont réunis, du début du 19e à aujourd’hui, dont des chefs-d’œuvre signés par de grands photographes tels que Diane Arbus, Joseph Koudelka, Man Ray ou encore Mary Ellen Mark.

 

“Noir & blanc : une esthétique de la photographie”, jusqu'au 21 janvier 2024 à la BnF, Paris 13e.