L'année 2019 s'est achevée sur une bien funeste nouvelle. L'actrice d'originie danoise Anna Karina, ancienne compagne du réalisateur Jean-Luc Godard, icône de la Nouvelle Vague et géniale interprète de Pierrot le fou (1965), Vivre sa vie (1963) et La Religieuse (1967) nous a quittés. Elle a laissé derrière elle une filmographie riche de plus de cinquante longs-métrages, s'illustrant toujours avec brio dans de sublimes rôles pour le cinéma d'auteur et même à la télévision, dévoilant souvent ses talents de chanteuse (Une histoire d'amour en 2000) et revêtant parfois la casquette de réalisatrice (Victoria en 2008). Puisque l'actrice devait être présente pour la rétrospective que la Cinémathèque consacre à Jean-Luc Godard en ce mois de janvier, le musée de cinéma lui a rendu un hommage vibrant le soir de l'ouverture : un clip résumant sa carrière a été diffusé avant la projections de deux films du cinéaste français, dans lesquel Anna Karina tient les rôles principaux, Anticipation ou l'amour en l'an 2000 (1966) et Vivre sa vie (1962). 

 

Cette fois, c'est au tour de l'Académie des César de célébrer la carrière de celle qui a marqué la Nouvelle Vague. Après avoir choisi Isabelle Huppert dans Violette Nozière (un film de Claude Chabrol sorti en 1978) pour figurer sur l'affiche officielle de la cérémonie, c'est au tour d'Anna Karina d'y apparaître, comme pour lui rendre un dernier hommage. Si on l'avait déjà vue, aux côtés de Jean-Paul Belmondo, sur le poster de la 71è édition du Festival de Cannes – qui célébrait le film culte Pierrot le fou –, cette année, la vue d'Anna Karina, arborant une moue rieuse sur une affiche laisse un tout autre goût : celui de l'amerture laissée par la disparition d'une icône.