C’était en février dernier : Raf Simons, l’un des créateurs les plus célèbres de sa génération, faisait son entrée au sein de la maison Prada en tant que “co-creative director” (directeur co-créatif), travaillant main dans la main avec Miuccia Prada. Une décision qui s’inscrit tout naturellement dans la carrière du designer, passé par la direction artistique des maisons Jil Sander (2005-2012) – à l’époque propriété du groupe Prada –, Dior (2012-2015) et Calvin Klein (2016-2018), où il s’est notamment fait remarquer pour des collections complexes truffées de références à l’art, l’architecture et la pop culture. La toute première collection qui découlera de cette rencontre inédite entre le Belge et Miuccia Prada verra le jour en septembre 2020, à l’occasion de la Fashion Week de Milan.

 

Malgré sa notoriété incontestable dans le milieu de la mode, un certain mystère entoure toujours aujourd'hui le créateur belge. Et pour preuve : il y a quelques jours, sa thèse de fin d’études à l'école de Genk en design industriel s’est retrouvée en vente sur le site de e-commerce Grailed pour la modique somme de 100 000 €. L’arrivée d’un tel article sur cette plateforme en ligne, connu pour vendre avant tout des vêtements pour homme, ne fut pas sans surprendre. En plus de cette précieuse thèse sont également proposés une série de pièces de mobilier conçues par Raf Simons ainsi qu’une mystérieuse cassette VHS, également réalisée par le créateur, dont le contenu n’a quant à lui pas été spécifié.

 

Le vendeur de ces trésors inestimables se prénomme Max Reynders. Designer vivant à Anvers, ville d’origine de Raf Simons, il aurait récupéré le butin grâce à son père, qui aurait fait partie de la même promotion que le créateur et diplômé la même année que lui. Alors qu’en 1999, Raf Simons quitte la Belgique pour New York, il aurait fait don de ses biens à son ancien camarade qui les aurait ensuite lui-même transmis à ses enfants.

 

La série de mobiliers mise en vente est de fait bien antérieure aux premiers pas du célèbre couturier dans le monde de la mode. Intitulée Corpo – corps en latin –, elle n’est cependant pas sans lien avec le domaine du vêtement. Éclectique, la collection mêle différents matériaux à la manière de silhouettes de mode présentées lors d’un défilé. Les longues barres de fers, surplombées par des corsets, ne sont d'ailleurs pas sans rappeler les longues jambes des mannequins.