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10 Septembre

En direct de Deauville : “Ham On Rye“, teen movie proche du nanar

 

Présenté en compétiton au festival de Deauville, le premier long-métrage de Tyler Taormina reprend le titre d’un roman de Charles Bukowski. Mais “Ham On Rye” ne fait pas vraiment honneur à l’immense écrivain américain. Numéro n’a pas échappé à la projection de ce teen movie raté et revient sur cet échec cuisant.

Par Chloé Sarramea

“Ham On Rye” (2019) de Tyler Taormina.

La salle de projection du C.I.D de Deauville contient près de mille places, et au matin de la projection du premier long-métrage de Tyler Taormina, elle est presque comble. Des centaines de festivaliers – amateurs de cinéma et curieux confondus – sont confortablement installés pour assister à la projection d’un film indépendant : Ham On Rye. “C’est une honte !”, dès les trente premières minutes, les critiques fusent dans l’assemblée. Certains s’empressent de sortir, tandis que les ronflements des autres empêchent les plus téméraires de se concentrer.

 

Breakfast Club, Virgin Suicides, Kids, Thirteen… Beaucoup (trop) de films traitent de la fameuse période charnière de la vie humaine : “l’âge ingrat”, autrement dit, l’adolescence. Quelques séries abordent aussi ces années de questionnements existentiels : Skins, Gossip Girl ou encore la très convainquante première saison d’Euphoria. Parfois réussies, quelques œuvres évitent de tomber dans les clichés trop évidents, souvent en les détournant, comme Spring Breakers du célèbre cinéaste et scénariste américain Harmony Korine. D’autres sont outrageusement ratées (Projet X) et entrent au panthéon des nanars : sélectionné en compétition au festival de Deauville, Ham On Rye fait partie de la seconde catégorie et brille par son échec cuisant.

 

Une spirale de gâchis

 

Chewing-gums collés aux appareils dentaires, boutons d’acné purulents, robes de bal mal coupées et costards froissées : aucun doute, Ham On Rye colle tout à fait aux critères du teen movie. Caractérisés, selon les universitaires Adrienne Boutang et Célia Sauvage, par le “jeu sur la fascination que suscite la figue de l’adolescent”, ces longs-métrages traitent de l’absence de responsabilités et de la légèreté qui caractérise cette période de la vie. Mais, en 1 heure et 26 minutes, le film de Tyler Taormina massacre ce qu'il peut y avoir de plus beau dans la période adolescente. On se demande pourquoi le jeune cinéaste n'a pas eu l'idée d'injecter du second degré à son histoire terne, et, in fine, peut-être sauver son film de l'échec grotesque. 

 

 

 

“Ham on Rye” – Bande-annonce

Plans séquence interminables, absence de dialogues, regards caméra à outrance, ajout de surnaturel et fondus systématiques entre les plans : les ratés de ce film sont aussi nombreux que les gens installés dans la salle de projection du C.I.D. L’ovni Ham On Rye a toutes les caractéristique du nanar, à savoir (et selon le Larousse), un “film inintéressant et médiocre”. Et même son synopsis est un fiasco : “Tous les adolescents de la ville natale de Haley se parent de leurs plus beaux atours pour, comme il est de coutume de dire, “le plus important jour de leur vie”. Enthousiastes, ils traversent la ville en ordre dispersé, en route vers un destin inconnu.” Face à cette curieuse histoire de jeunes ingrats qui se donnent rendez-vous dans des cafés, mangent peu et dansent mal, on veut partir, vite, quitter la salle, et surtout oublier qu’on a tous été adolescents. Tyler Taormina doit savoir : non, tous les jeunes ne sont pas disgracieux et non, grandir dans une banlieue n’est pas forcément ennuyeux.

 

Ham On Rye (2019) de Tyler Taormina, prochainement en salle. 

Présenté en compétition au 45ème festival du cinéma américain de Deauville. 

NuméroNews


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