Voilà plus de vingt ans que Jia Zhang-ke tient le rôle à la fois stimulant et épuisant de seul grand cinéaste chinois dont les films traversent les frontières et écument les festivals mondiaux. Tout cela est en train de changer avec l’apparition miraculeuse du surdoué Bi Gan, dont le magnifique Un grand voyage vers la nuit a irradié les salles françaises le mois dernier.

 

Jia Zhang-ke, lui, poursuit sa route avec des films amples et romanesques dont l’obsession est toujours la même : retracer les transformations radicales connues par son pays dans les dernières décennies, et dresser en même temps le portrait de quelques égarés au cœur de cette grande lessiveuse de la modernité. Cela donne des fresques intimistes sur le temps qui passe et qui écrase. Le film Les Éternels ne fait pas exception, en suivant le destin d’une femme entre 2001 et aujourd’hui, cheffe de la pègre locale et amoureuse tragique. Le cinéma de Jia Zhang-ke nous emporte toujours, même s’il a pu faire mieux.

 

Les Éternels de Jia Zhang-ke, en salle.