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Numéro
25 Thomas Pesquet, l’astronaute français

Rencontre avec l’astronaute Thomas Pesquet : "Ce métier a un prix élevé, c’est certain.”

CULTURE

Ses voyages ne sont pas les nôtres : au-delà des mers turquoises et des confins exotiques, Thomas Pesquet a déjà séjourné deux fois à bord de l’ISS, la Station spatiale internationale. Au nom de sa passion pour l’aventure et la science, l’astronaute français s’entraîne sans relâche pour faire partie des élus qui seront appelés à fouler de nouveau la Lune... dans l’attente de conquérir Mars. Dans son livre Ma vie sans gravité, publié le 18 octobre dernier, il revient sur ce parcours hors du commun. Rencontre. 

Blouson réversible en coton et matière technique, LOUIS VUITTON Blouson réversible en coton et matière technique, LOUIS VUITTON
Blouson réversible en coton et matière technique, LOUIS VUITTON

Rencontre avec l'astronaute français Thomas Pesquet

 

Débuter une conversation avec Thomas Pesquet, c’est lui demander tout naturellement, mais non sans arrière-pensée, comment s’est passée sa journée. La journée d’un astronaute n’est forcément pas la même que la nôtre, et l’on serait déçu qu’il nous raconte autre chose qu’un plongeon dangereux en scaphandre au fond d’une piscine d’entraînement, ou un sale quart d’heure passé à subir une pression au-delà du réel pour encaisser l’accélération d’une fusée. Tout cela, le Normand l’a déjà fait, sélectionné pour partir dans l’espace dès 2009, à 31 ans, avant de se former durant sept années et de quitter la Terre pour deux longues missions, Proxima, en 2016-2017, et Alpha en 2021.

 

Elles ont valu de devenir la deuxième personnalité préférée des Français à celui qui maîtrise cinq langues, joue du saxophone (y compris dans l’espace), pratique une multitude de sports parmi lesquels le judo, dont il est ceinture noire. Mais c’est une autre histoire. Ce jour de février [date de sa rencontre avec Numéro Homme], Thomas Pesquet ne prépare pas encore sa prochaine mission. Il fait comme tous les astronautes : il se tient prêt. “On a toujours un peu de maintien des compétences à faire, on essaie d’ajouter de nouvelles cordes à son arc, raconte-t-il. Dans les prochaines semaines, je vais suivre un entraînement de géologie, pour apprendre ce qu’on sera amené à faire sur la Lune et plus tard sur Mars.”


Se “maintenir”, comme il le dit, a consisté ce jour-là à piloter un Airbus A310 depuis la base de Mérignac, près de Bordeaux, afin de réaliser un vol parabolique. Seules huit personnes sont qualifiées pour cela en Europe, et Thomas Pesquet est l’une d’elles. C’est l’occasion de lui demander ce que peut bien être un vol parabolique. Affable, il nous offre une leçon gratuite. “Cela veut dire qu’en catapultant un avion sur une trajectoire qu’on ne chercherait pas avec un engin de ligne classique, on arrive à recréer les conditions de l’impesanteur à l’intérieur de la cabine. Des scientifiques utilisent ces conditions pour effectuer des recherches. Aujourd’hui, on est allés se satelliser en parabole une trentaine de fois pour s’entraîner.” Devant notre curiosité, Thomas Pesquet entre dans les détails de cette aventure si proche de nous et pourtant si lointaine. Comment se vit, de l’intérieur, une simulation d’absence de gravité ? “On prend le maximum de vitesse, au plus près des limites de l’avion, qui fait 120 tonnes. C’est un peu spectaculaire : on va le cabrer assez fortement, même si toute la manœuvre est calculée dans les moindres détails. On subit à peu près 2 g d’accélération. Et quand on atteint le plus haut point du cabrage, on pique doucement, avec une courbe en cloche, pour commencer à tomber.”

 

Le dernier mot nous inquiète un peu, mais l’intéressé ne sourcille pas. “On se projette si haut et avec tant de vitesse que lorsque notre trajectoire s’incurve et retombe, on chute autour de la rotondité de la Terre. Pendant cette chute libre, on ne subit plus les effets du poids.” Sensations fortes garanties. “Tout le monde à l’intérieur de l’avion tombe avec lui, mais on a l’impression de flotter. C’est comme dans un ascenseur qui tombe du 200e étage. Ensuite, il faut reprendre une trajectoire assez rapidement, car le but n’est pas d’aller emplafonner la planète.”

 

Chemise en popeline de coton et lunettes “1.1 Evidence”, LOUIS VUITTON. Chemise en popeline de coton et lunettes “1.1 Evidence”, LOUIS VUITTON.
Chemise en popeline de coton et lunettes “1.1 Evidence”, LOUIS VUITTON.

Thomas Pesquet : explorateur des étendues infinies ou simple terrien scientifique ?

 

Comme pour nous rassurer, Thomas Pesquet glisse que “tout cela n’a rien à voir avec la magie”. Et il a évidemment raison. Si le public voit un héros plus grand que la vie, un explorateur des étendues infinies, à la limite du casse-cou, lui se vit comme un scientifique. Ingénieur de formation, il décrit ses journées hors missions en pourcentages : “30 % de mon temps est consacré au maintien des compétences, 30 % aux expertises techniques – travailler en centre de contrôle, aider les projets qui se préparent à envoyer du matériel dans l’espace, s’occuper des lancements – et 30 % à l’entraînement physique.” On imagine un sportif de haut niveau qui aurait des compétences en biologie cellulaire et en physique quantique. Un matheux, aussi. Car il n’oublie pas les 10 % restants. “La partie communication : on va expliquer un peu ce qu’on fait, essayer de susciter des vocations.

 

Cette question est cruciale pour Thomas Pesquet, probablement l’astronaute le plus connu au monde aujourd’hui, avec 2,5 millions de followers sur Instagram. Pendant ses missions, il poste chaque jour, prend des tonnes de photos, assure des interviews avec le sourire. “Pour moi, communiquer fait partie du travail d’astronaute”, plaide celui qui considère son activité comme un service public. “Faisant partie d’une agence institutionnelle [Thomas Pesquet est employé par l’ESA, l’Agence spatiale européenne] financée par les citoyens européens, je trouve important que ce ne soit pas une boîte noire où les budgets sont votés sans qu’on sache ce qui se passe ensuite. On a le devoir de dire aux gens ce qu’on fait avec leur argent. J’ai à cœur de raconter mon quotidien dans la Station internationale pour cette raison.” Il admet que le job ne fait pas partie de la fiche de poste d’un astronaute, mais l’accès possible à Internet hors atmosphère a changé la donne. “Le public s’identifie à quelque chose d’humain.”

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Pantalon en coton et boots, LOUIS VUITTON.

“J’ai remarqué beaucoup de désinformation concernant mon métier. J’essaie d’avoir une voix dépassionnée, un peu calme. Cela permet, j’espère, de ne pas amplifier ce bruit.” - Thomas Pesquet

 

 

Pour éclairer son désir de partager sa passion, Thomas Pesquet en revient à son enfance à Dieppe, et à ses frustrations. “Quand j’étais petit, lorsqu’un astronaute partait dans l’espace, on voyait au journal de 20 heures une fusée qui décolle, puis six mois après un gars se posait dans la steppe, un peu pâle. C’était à peu près tout. Suivre en direct une mission entière, j’aurais adoré ça étant gamin, et c’est pour cela que je le fais. Je pense au nouveau – ou à la nouvelle – Thomas Pesquet quelque part. La conquête spatiale ne va pas s’arrêter avec moi, elle est plus grande qu’une seule personne. Si je peux avoir une petite influence sur la prochaine génération, ce serait déjà énorme.” Le petit Thomas Pesquet n’a pu compter que sur lui- même.

 

Dans sa famille, personne ne travaillait dans l’aéronautique. Un père prof de maths lui donne le goût des sciences, il passe beaucoup de temps à la bibliothèque municipale à consulter des livres, puis, à la fin de sa classe préparatoire, postule à l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace à Toulouse. Quelques zigzags plus tard – il devient pilote de ligne à moins de 30 ans, dirigeant des Airbus 320 pour Air France –, le voilà aujourd’hui reconnu comme l’astronaute européen le plus capé, avec 395 jours dans l’espace et une flopée de sorties extravéhiculaires en combinaison, celles que l’on voit dans les films et qui s’y passent rarement bien. “Il y a toujours un côté exagéré et dramatisé, de la même manière que Desperate Housewives ne montre pas ce qui se passe dans tous les voisinages du monde, s’amuse Pesquet. Une sortie extravéhiculaire dure sept heures, mais la fiction la réduit à cinq minutes. Les gens qui font un film comme Gravity le savent parfaitement. Leur but est de raconter une histoire. Dans ces cas-là, on prend des libertés avec la réalité. Je ne porte pas de jugement. Je me suis nourri de ça étant petit. Mais en voyant les récits quelque peu erronés qui circulent sur les réseaux, j’essaie d’insister sur le côté réalité. J’ai remarqué beaucoup de désinformation, parfois volontaire et parfois involontaire, concernant mon métier. J’essaie d’avoir une voix dépassionnée, un peu calme. Cela permet, j’espère, de ne pas amplifier ce bruit.”

 

La réalité scientifique dont parle Thomas Pesquet est sans cesse remise en cause, fragile par nature dans un monde de communications folles. Il lui donne un sens profond. S’il documente autant son travail, c’est aussi pour cette raison. Et il ne compte pas s’arrêter là. Le Français se trouve sur les rangs pour retourner sur la Lune, plus de quatre décennies après le vol qui a marqué l’humanité. Le programme Artemis, mené par la NASA, vise la fin de la décennie. “À partir d’Artemis 3 [troisième mission du programme, à la date encore indéterminée], il devrait y avoir un Européen dans chaque vol. Je ne suis pas seul en lice, mais je fais partie des gens qui ont une voix au chapitre et se préparent pour ça.

 

Si la réussite d’Artemis reste aussi probable qu’incertaine, c’est parce que la décision d’envoyer des humains dans l’espace se prend dans les officines diplomatiques et les assemblées. “Les agences et les pays se mettent d’accord sur les programmes, coopèrent autour d’un but commun qu’ils considèrent comme vertueux. Les ministres et les présidents décident, mais cela ne veut pas dire que c’est uniquement politique.

Rencontre avec l’astronaute Thomas Pesquet : "Ce métier a un prix élevé, c’est certain.” Rencontre avec l’astronaute Thomas Pesquet : "Ce métier a un prix élevé, c’est certain.”

La planète Mars, prochain voyage de Thomas Pesquet ? 

 

S’agissant de la Lune, il faudra bien respecter les équilibres du monde, tant le soft power induit par la conquête spatiale s’avère puissant. Et l’arrivée des acteurs privés, depuis une vingtaine d’années, a rendu la donne encore plus complexe. L’entreprise SpaceX d’Elon Musk, qui a conçu la capsule Crew Dragon et les lanceurs Falcon 9 pour le compte de la NASA, participe au programme Artemis. Thomas Pesquet a volé à bord de Crew Dragon lors de sa deuxième mission en 2021. Il rappelle que les investisseurs privés ont toujours existé lors des vols habités ou pour la construction des satellites, résumant la situation sans céder à la tentation du clash : “La NASA a décidé de changer de méthode. Avant, elle disait qu’elle souhaitait construire une navette spatiale et elle la construisait ; maintenant, elle dit qu’elle veut envoyer des gens dans l’espace et demande qui a une idée. Et SpaceX a tiré son épingle du jeu.

 

L’astronaute rappelle que la NASA reste donneuse d’ordre et paie plusieurs milliards de dollars pour des services. “Ce n’est pas Elon Musk qui a fait tout ça sur son argent. Ils ont été forts techniquement, mais un secteur public très puissant se trouve derrière. Le privé adossé au public, cela marche très bien. Mais sans la NASA, il n’y a pas de SpaceX, soyons très clairs.” Quant aux autres tentatives privées, elles n’ont pas encore trouvé la clef. “Virgin Galactic et Richard Branson promettent depuis treize ans d’envoyer des gens dans l’espace, et cela ne se passe pas si bien que cela. Blue Origin de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, a eu aussi des soucis. Comme l’espace est à la mode, beaucoup de start-up démarrent, certaines très talentueuses, d’autres un peu moins.”

 

S’il désire autant participer à l’aventure spatiale, ce n’est certainement pas pour poser à côté de milliardaires ou faire des selfies devant les étoiles. Thomas Pesquet s’enflamme pour l’aventure et pour la science. “Le but d’un retour sur la Lune, raconte-t-il, serait de s’y installer de façon plus pérenne, en utilisant des ressources in situ. On aimerait fabriquer du carburant à partir de l’eau qui se trouve là-bas sous forme de glace – l’eau contient de l’oxygène et de l’hydrogène, c’est-à-dire du carburant de fusée. On parle aussi d’y installer un gros télescope du style Hubble ou James-Webb sur la face cachée, qui permettrait une observation dépolluée de lumière parasite. Surtout, on a envie d’une répétition générale, d’une étape pour aller vers Mars.”

 

Le mot est lancé, celui que justement la fiction a repris à son compte depuis si longtemps. Ira-t-on un jour sur la planète rouge ? S’il n’a évidemment pas de réponse précise à donner, en homme de raison, l’astronaute parle de “jackpot de la conquête spatiale” et trouve mille bonnes raisons d’y rêver. “On pense qu’il y a eu sur cette planète de l’eau sous forme liquide et une atmosphère ; or, elle n’a plus tout cela, et on aimerait comprendre si ça pourrait nous arriver. Aussi, on s’inquiète de notre impact sur l’environnement et on a envie de savoir d’où la vie est arrivée. Sur la Terre, on ne peut pas vraiment regarder dans le passé en auscultant la roche, à cause de la tectonique des plaques et de l’érosion. On connaît les ingrédients qui ont été nécessaires pour créer de la vie, des acides aminés, de l’eau, on pense que c’est arrivé via des comètes qui ont heurté la surface de la Terre et apporté des molécules. Mais en allant sur Mars, on devrait pouvoir regarder plus loin et expliquer davantage l’origine de la vie. C’est comprendre d’où l’on vient et où on va, ces grandes questions angoissantes de l’être humain. Le problème, c’est que Mars se situe entre 40 millions et 400 millions de kilomètres de la Terre, 1 000 fois plus loin que la Lune.
 

Chemise en popeline de
coton et lunettes “1.1 Evidence”, LOUIS VUITTON. Chemise en popeline de
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Chemise en popeline de
coton et lunettes “1.1 Evidence”, LOUIS VUITTON.

“Le retour sur Terre est souvent assez difficile. Ce métier a un prix élevé, c’est certain.” - Thomas Pesquet

 

La vie de Thomas Pesquet se résumerait-elle à résoudre des problèmes que la plupart des êtres humains trouveraient insolubles ? Cela justifie qu’on y mette autant de soi. Pour y parvenir, il faut savoir penser et ressentir autrement. Quand on lui demande ce qu’il retient de ses voyages, il évoque leur étrangeté. “L’expérience n’a rien à voir avec la vie normale, c’est une manière différente de se mouvoir, de se laver, de manger. Ce sont des vêtements inédits, des gens que je côtoie qui ne sont pas mon cercle d’amis ou ma famille. C’est tellement déconnecté de la réalité que j’y vois un aspect de rêve. Si je ne prenais pas de photos, cela aurait une dimension immatérielle, car le cerveau et la mémoire fonctionnent différemment dans l’espace.

 

Il arrive qu’après la séance de sport à laquelle il doit s’astreindre au quotidien lors de ses séjours dans l’ISS, la Station spatiale internationale, l’astronaute s’arrête quelques secondes devant une grande fenêtre, fasciné par ce qu’il voit. “Mais cette beauté nous échappe parfois, tant on doit passer par des choses difficiles ou douloureuses, des tâches répétitives, dénuées de la moindre once de fun.” Parmi les moments forts de sa carrière, Thomas Pesquet se souvient de sa première mission, après sept années d’entraînement. C’était en 2016. Il a fêté ses 39 ans là-haut. “Il faut une série de miracles pour arriver dans l’espace. Depuis des mois, j’avais dans la tête une liste de choses qui pouvaient mal se passer, que ce soit tomber malade – comme je l’ai vu arriver à d’autres –, ou rencontrer un problème technique ou politique. Notre métier est d’avoir cette liste dans la tête, pour se protéger d’une déception qui serait insurmontable. Au fil du temps, la liste diminue. J’ai passé la dernière commission médicale, vu la fusée sur le pas de tir, et puis on a décollé. Être en orbite dans le Soyouz, c’est comme naviguer sur un canot de survie au milieu du Pacifique, on ne se sent pas vraiment en sécurité. Enfin, on s’arrime à la Station spatiale, qui est un gros bateau rassurant. Pour la première fois, plus rien ne pouvait m’empêcher de réaliser mon rêve. Pour la première fois, je m’autorisais à y croire. Tout le bonheur, je l’ai eu d’un coup. Assez rapidement, on s’est mis au travail, mais ces premiers jours ont été parmi les plus beaux de ma vie.”

 

Cette description saisissante pose à nouveau la question du sens, pour l’humanité peut-être, mais surtout pour un homme qui fend l’armure lorsqu’on lui demande ce que partir provoque dans une existence faite de liens, donc de manque. “Il y a quelque chose d’un peu altruiste, car on met sa vie en danger et il faut croire à des idéaux”, commence-t-il, avant d’arpenter un autre territoire. “Il y a aussi un côté très égoïste : c’est une aventure pour soi, un rêve de gosse, comme ceux qui montent au sommet de l’Everest ou traversent les océans en solitaire.”

 

Le beau film d’Alice Winocour, Proxima (2019), sur lequel Thomas Pesquet a été consultant et qui raconte la douleur d’une astronaute quittant sa fille de 9 ans pour partir en mission, lui a fait prendre conscience de certaines choses. “J’ai revécu l’aventure, mais du point de vue de ma famille. Cela m’a fait un petit choc. Quand on est dans son rêve, on est désolé pour les gens qui restent, mais on va partir. On crée de manière absolument volontaire beaucoup de difficultés, de peines et de malheur pour ses proches. Le retour sur Terre est souvent assez difficile. Il faut retrouver sa place et accorder du temps à l’autre. Ce métier a un prix élevé, c’est certain.”

 

Thomas Pesquet, “Ma vie sans gravité” (2023), éditions Flammarion.