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Et Lindbergh… créa la femme

 

Galerie de portraits intemporels par un photographe de légende

On ne présente plus Peter Lindbergh, le photographe qui révèle depuis plus de trente ans la beauté fragile, intime, des plus grandes mannequins et des plus grandes actrices. Si ses clichés en noir et blanc, non retouchés, ont en grande partie forgé l’image de mode des années 90, le maestro a su dépasser ce cadre pour constituer au fil du temps une galerie de portraits intemporels à la vérité aussi émouvante que dramatique. En mêlant des images peu connues et des clichés célèbres, la Galerie Gagosian jette un éclairage précieux sur l’œuvre de ce géant de la photographie, et sur sa sensibilité narrative, digne d’un grand cinéaste.

Cindy Crawford, Tatjana Patitz, Helena Christensen, Linda Evangelista, Claudia Schiffer, Naomi Campbell, Karen Mulder, Stephanie Seymour, Brooklyn, New York, USA, 1991.

Kate Moss, New York, USA, 1994.

En plein milieu de la Fashion Week parisienne, Natalia Vodianova, Jeremy Scott et les célèbres mannequins Joan Smalls, Karlie Kloss se pressent parmi la foule dense qui envahit la Galerie Gagosian…

 

Pour les professionnels de la mode, le vernissage de l’exposition de Peter Lindbergh fait bien sûr figure d’événement incontournable. Le cinéaste Xavier Dolan a lui aussi fait le déplacement. Lorsqu’on le présente au grand photographe qui est célébré ce soir-là, le tempérament fougueux du jeune prodige laisse place à une timidité qu’on ne lui connaissait pas. Une fois n’est pas coutume, Xavier Dolan range au placard son arrogance ordinaire, prenant des airs de gamin hypersensible tétanisé devant son idole. Il en deviendrait presque touchant.

 

Au-delà de l’anecdote, la présence admirative et muette du réalisateur québécois souligne l’aura exceptionnelle de Peter Lindbergh : l’Allemand a construit à travers la mode, et presque malgré elle, une œuvre de portraitiste amoureux des femmes et de la vérité de l’être. “Je ne sais pas tricher, alors je photographie comme je vois la vie”, confiera-t-il plus tard, en nous accordant une interview. “Après cet entretien, je me souviendrai sûrement de votre regard, mais pas de votre pull-over. De même, j’ai envie que l’on ressente la personne lorsqu’on regarde mes images.”

 

Pour traduire sa vision du monde, à la fin des années 80, Peter Lindbergh répond à une commande du Vogue américain en choisissant des mannequins à l’époque presque inconnues, dont la fraîcheur et le naturel contrastent avec l’extrême sophistication en vogue chez leurs consœurs. Dans ces clichés devenus mythiques, Christy Turlington, Linda Evangelista et Tatjana Patitz, cheveux au vent, vêtues de simples chemises blanches, rayonnent d’une beauté pure, dépourvue d’artifices. “Mon idée n’était pas de révolutionner l’image des femmes. J’ai montré des filles comme celles que j’aimais à l’école des beaux-arts, en baskets et jean, et non avec un sac en crocodile à 10 000 dollars.”

Mon idée n’était pas de révolutionner l’image des femmes. J’ai montré des filles comme celles que j’aimais à l’école des beaux-arts, en baskets et jean.

Uschi Obermaier, Los Angeles, USA, 1994.

La puissance de sa photographie, Peter Lindbergh la puise dans la beauté la plus intime de son modèle, dans les imperfections de sa peau même, qu’il se refuse à gommer et à lisser pour satisfaire aux demandes d’une époque en proie à une exigence de perfection publicitaire. Depuis plus de trente ans, le photographe allemand, qui s’oppose avec force à l’uniformisation des images et des corps, semble écrire au fil de ses clichés en noir et blanc un film où se croiseraient Linda Evangelista, Kate Moss, Kate Winslet, Jeanne Moreau et tant d’autres femmes… Peter Lindbergh photographie l’intimité de l’être avec une âme romantique de cinéaste, révélant la grandeur dramatique des traits d’un visage.

 

Parfois, ils se voilent d’obscurité, se masquent, disparaissent, se perdent dans leur reflet, dans une série de portraits exposés à la Galerie Gagosian (Uma Thurman, Kate Winslet, Stephanie Seymour, Nicole Kidman). Chaque image porte dans ses noirs intenses le secret d’un récit sous-jacent, d’un vécu plus large, d’une histoire où se croisent la force et la fragilité, la jeunesse et l’inquiétude devant le temps qui passe. Sans jouer au moraliste, sans prétention métaphysique, Peter Lindbergh décèle naturellement la dramaturgie dans le réel. “Il suffit d’avoir un point de vue, de savoir ce que l’on veut dire, explique-t-il. Même dans mes travaux de commande, je ne sais pas me désimpliquer.” Sans doute est-ce pour cette raison que ses tirages, même de mode, atteignent parfois aujourd’hui dans les ventes des montants astronomiques.
S’offrir un supplément d’âme n’a pas de prix.

Par Delphine Roche, photos Peter Lindbergh

Peter Lindbergh, à la Galerie Gagosian de

Paris,
jusqu’au 22 novembre.

www.gagosian.com.

11 portraits de musiciens iconiques par Mark Seliger
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11 portraits de musiciens iconiques par Mark Seliger

Photographie Mark Seliger est un incontournable du portrait. De ses débuts pour le magazine Rolling Stones, à GQ et Vanity Fair, en passant par ses séries personnelles, le photographe texan a réalisé des clichés iconiques au cours de sa carrière d'une trentaine d'années. Entre séries engagées où figurent Barack Obama, Nelson Mandela et Malala, portraits de célébrités, parmi lesquelles Billy Porter, Kim Kardashian ou Leonardo Di Caprio, Mark Seliger fera du portrait en noir et blanc sa signature. Le monde de la musique sera également mis à l'honneur, mettant en lumière les artistes les plus influents de leur temps. Tour d’horizon en 11 portraits de musiciens iconiques. Mark Seliger est un incontournable du portrait. De ses débuts pour le magazine Rolling Stones, à GQ et Vanity Fair, en passant par ses séries personnelles, le photographe texan a réalisé des clichés iconiques au cours de sa carrière d'une trentaine d'années. Entre séries engagées où figurent Barack Obama, Nelson Mandela et Malala, portraits de célébrités, parmi lesquelles Billy Porter, Kim Kardashian ou Leonardo Di Caprio, Mark Seliger fera du portrait en noir et blanc sa signature. Le monde de la musique sera également mis à l'honneur, mettant en lumière les artistes les plus influents de leur temps. Tour d’horizon en 11 portraits de musiciens iconiques.

Dans l'intimité de Wolfgang Tillmans en 12 clichés Instagram
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Dans l'intimité de Wolfgang Tillmans en 12 clichés Instagram

Photographie Photographe de l’intime, de la jeunesse, et surtout, du vivant, l’Allemand Wolfgang Tillmans capture depuis trente ans dans ses images sensibles et poétiques les dessous du réel, des recoins du corps humain aux secrets de la nature. Ses sujets, ce maître du gros plan – actuellement à l’honneur au WIELS à Bruxelles – les examine scrupuleusement pour en extraire l’élément majeur, en sublimer le détail jadis inaperçu qui fera désormais toute leur force. Si ses prises de vue à l’appareil se font rares sur son compte Instagram, ce dernier se fait une véritable extension de l’esthétique du photographe, glânant ça et là, smartphone à la main, des fragments de vie qu’il y compile au format carré. Morceaux de chair dénudée, fleurs parsemées de rosée, fruits mûrs à point ou encore texture du tissu d’un vêtement… plongez dans le quotidien de l’artiste en 12 images saisissantes où se lit toute la singularité de son regard. Photographe de l’intime, de la jeunesse, et surtout, du vivant, l’Allemand Wolfgang Tillmans capture depuis trente ans dans ses images sensibles et poétiques les dessous du réel, des recoins du corps humain aux secrets de la nature. Ses sujets, ce maître du gros plan – actuellement à l’honneur au WIELS à Bruxelles – les examine scrupuleusement pour en extraire l’élément majeur, en sublimer le détail jadis inaperçu qui fera désormais toute leur force. Si ses prises de vue à l’appareil se font rares sur son compte Instagram, ce dernier se fait une véritable extension de l’esthétique du photographe, glânant ça et là, smartphone à la main, des fragments de vie qu’il y compile au format carré. Morceaux de chair dénudée, fleurs parsemées de rosée, fruits mûrs à point ou encore texture du tissu d’un vêtement… plongez dans le quotidien de l’artiste en 12 images saisissantes où se lit toute la singularité de son regard.

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Nobuyoshi Araki dénude la top model Anja Rubik
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Nobuyoshi Araki dénude la top model Anja Rubik

Photographie Reporter de l'érotisme et pourfendeur des tabous, le photographe star Nobuyoshi Araki capture la poésie d’un quotidien provocant dans ses portraits insouciants et ses nus idéalistes à imagerie bondage. Il photographie des femmes dénudées puis dissimule leur sexe avec les plus belles fleurs, les plus belles traces colorées. Mais parfois il ne dissimule rien du tout. Nobuyoshi Araki a immortalisé la top model polonaise Anja Rubik pour Saint Laurent et Anthony Vaccarello dans une série intitulée “Saint Laurent Shiki-in”, qui signifie littéralement “la soif de la couleur”. Reporter de l'érotisme et pourfendeur des tabous, le photographe star Nobuyoshi Araki capture la poésie d’un quotidien provocant dans ses portraits insouciants et ses nus idéalistes à imagerie bondage. Il photographie des femmes dénudées puis dissimule leur sexe avec les plus belles fleurs, les plus belles traces colorées. Mais parfois il ne dissimule rien du tout. Nobuyoshi Araki a immortalisé la top model polonaise Anja Rubik pour Saint Laurent et Anthony Vaccarello dans une série intitulée “Saint Laurent Shiki-in”, qui signifie littéralement “la soif de la couleur”.

Le prochain Festival d’Hyères aura lieu en octobre
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Le prochain Festival d’Hyères aura lieu en octobre

Mode Initialement prévu pour avoir lieu du 23 au 27 avril derniers, le Festival international de mode, de photographie et d’accessoires de mode d’Hyères a été reporté à l’automne. Après avoir proposé une série de rendez-vous numériques, ses dates officielles ont finalement été annoncées : l’événement se tiendra à la villa Noailles du 15 au 19 octobre prochains. Initialement prévu pour avoir lieu du 23 au 27 avril derniers, le Festival international de mode, de photographie et d’accessoires de mode d’Hyères a été reporté à l’automne. Après avoir proposé une série de rendez-vous numériques, ses dates officielles ont finalement été annoncées : l’événement se tiendra à la villa Noailles du 15 au 19 octobre prochains.

Yves Tumor en 11 délires photographiques
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Yves Tumor en 11 délires photographiques

Musique Les mélodies évanescentes d’Yves Tumor évoquent le spleen d’un Blood Orange – qu’il a accompagné sur une tournée –, l’électro mutante d’un Arca, les détonations hybrides d’une Fever Ray ou encore la fantaisie d’une Björk. L’artiste façonne une musique expérimentale, une soul de science-fiction viscérale qui fait fi des conventions et refuse le schéma classique couplet-refrain. Son compte instagram est à l’image de ses compositions : délirant. Les mélodies évanescentes d’Yves Tumor évoquent le spleen d’un Blood Orange – qu’il a accompagné sur une tournée –, l’électro mutante d’un Arca, les détonations hybrides d’une Fever Ray ou encore la fantaisie d’une Björk. L’artiste façonne une musique expérimentale, une soul de science-fiction viscérale qui fait fi des conventions et refuse le schéma classique couplet-refrain. Son compte instagram est à l’image de ses compositions : délirant.

Portfolio: Ren Hang et l’expression du désir
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Portfolio: Ren Hang et l’expression du désir

Photographie Dramatiquement décédé en 2017, Ren Hang questionnait par le biais de son oeuvre des problématiques humaines majeures. À travers ses prises de vues paradoxalement poétiques et charnelles, juxtaposant les corps dans un jeu qui les apparente à des formes graphiques, il interrogeait notamment les relations qu’entretient l’homme avec le désir, l’identité ou encore la nature. Subversif dans une Chine post Tian’anmen, le photographe provoquait également les moeurs au sein d’un contexte politique répressif et peu enclin à préserver la liberté d’expression. Dramatiquement décédé en 2017, Ren Hang questionnait par le biais de son oeuvre des problématiques humaines majeures. À travers ses prises de vues paradoxalement poétiques et charnelles, juxtaposant les corps dans un jeu qui les apparente à des formes graphiques, il interrogeait notamment les relations qu’entretient l’homme avec le désir, l’identité ou encore la nature. Subversif dans une Chine post Tian’anmen, le photographe provoquait également les moeurs au sein d’un contexte politique répressif et peu enclin à préserver la liberté d’expression.