“Je ne suis pas un artiste comme les autres, ma pratique reste liée à l’architecture”, précise Christian de Portzamparc dès la présentation de l’exposition. Au-delà de sa réflexion sur l’espace, chacune des œuvres montrées reflète en effet son obsession pour la profondeur : des cadres orthogonaux définissent des décors épurés, frontières poreuses entre intérieur et extérieur, qui parfois s’ouvrent vers des ciels de nuages ou des puits de lumière d’une extrême clarté. Des volumes flottants et nuées gazeuses s’immiscent alors dans ces fictions spatiales rectilignes et viennent y apporter une narration. Au fil de ces pièces, l’artiste ne cesse de chercher comment donner corps à l’impalpable et à souligner les contrastes entre rigide et mou. Ce tropisme se matérialise également par ses deux sculptures abstraites en impression 3D qui, suspendues dans le vide, rappellent les formes organiques d’un récif corallien.

 

Directement emprunté à Arthur Rimbaud, le titre de l’exposition “Illuminations” ne saurait mieux synthétiser cet aspect volontiers plus abstrait et expérimental du travail Christian de Portzamparc. Alors que dans les deux autres espaces parisiens de la galerie Kamel Mennour, le plasticien japonais Tadashi Kawamata déploie une véritable poétique de la destruction, l’architecte français lui préfère le silence éloquent du vide, où se joue paisiblement le théâtre de l’immatériel.

 

Christian de Portzamparc, Illuminations, jusqu’au 18 janvier 2020 à la galerie Kamel Mennour, 47 rue Saint-André des Arts, Paris 6e.