Depuis les révélations d’une journaliste russe au mois d’avril 2017, les abjections commises par les autorités tchétchènes sur la communauté homosexuelle ont ponctué l’actualité politique. Dans de nombreux pays, l’homosexualité est considérée comme un crime. Mais le cas de la Tchétchénie est singulier : les individus homosexuels ne font pas seulement l’objet d’une incrimination pénale, une fois leur identité révélée, ils disparaissent et “n’existe plus” aux yeux de l’État. Comme l’affirmait Ramzan Kadyrov, chef de la République de Tchétchénie et soutien indéfectible de Vladimir Poutine : “On n’a pas ce genre de personnes. Il n’y a pas de gays chez nous”. 

 

Le réalisateur Jordan Goldnadel, qui avait présenté le film Happy au festival des films du monde de Montréal en 2016, aborde aujourd’hui ce sujet. Intitulé Chechnya, La Purge, son projet a  d’ores et déjà été salué par la critique, récompensé notamment par le prix des Droits de l’Homme du festival de St Paul, remis par Amnesty International.

 

La folie meurtrière tchétchène apparaît à travers l’histoire d’un jeune homme dont l’amant est arrêté par des policiers nationaux. Lui même interpellé peu de temps après, il est torturé pendant plusieurs jours. La justesse du court-métrage est telle que le spectateur est introduit au milieu de l’intimité d’une famille qui, contrairement à ce que l’on pourrait croire, prend le parti de l’autorité – la religion, l’état – qui n’accorde aucun droit fondamental aux homosexuels. De cette manière, et à travers ce récit tiré d’une histoire vrai, Goldnadel dénonce le déni de cette orientation sexuelle, au mépris des Droits de l’Homme, qui a pris une proportion incommensurable en Tchétchénie.

 

Chechnya : La Purge, court-métrage à regarder sur France 3 à 1h35.